CPT : le bloc opposé à Fils-Aimé se divise après les sanctions américaines
Le groupe de cinq conseillers-présidents du Conseil présidentiel de transition (CPT) qui avait engagé des démarches pour écarter le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé traverse une division interne, après que ses membres ont été sanctionnés par les États-Unis. La fracture s’est matérialisée ce jeudi avec la prise de distance officielle de Smith Augustin, qui annonce son retrait de toute initiative similaire au sein du Conseil.

Port-au-Prince, 29 janvier 2026. —Dans une lettre adressée aux autres conseillers-présidents, Smith Augustin indique qu’il s’abstiendra désormais de participer à des décisions visant à modifier la direction du CPT jusqu’à la fin du mandat de l’organe, prévue pour le 7 février 2026. Il évoque une démarche qui, selon lui, ne repose ni sur l’unanimité ni sur une base juridique suffisamment claire, et met en garde contre une aggravation de la crise institutionnelle.
La crise s’est ouverte après l’adoption d’une résolution par cinq conseillers-présidents — Fritz Alphonse Jean, Edgard Leblanc Fils, Louis Gérald Gilles, Leslie Voltaire et Smith Augustin — visant à mettre fin aux fonctions du Premier ministre. Toutefois, la décision n’a pas été publiée au journal officiel, le coordonnateur du CPT, Laurent Saint-Cyr, ayant refusé de la transmettre pour publication, ce qui en a bloqué l’entrée en vigueur.
À la suite de ce blocage, les mêmes conseillers ont envisagé une démarche visant la destitution du coordonnateur, dans l’objectif de permettre la publication de la résolution initiale. Cette initiative n’a cependant pas abouti, dans un contexte marqué par des pressions diplomatiques et l’annonce de sanctions individuelles par les autorités américaines contre les cinq signataires.
Ces sanctions, qui concernent également certains membres de leurs familles, ont contribué à affaiblir la cohésion du groupe opposé au Premier ministre, selon plusieurs observateurs. La prise de position de Smith Augustin marque la première rupture formelle au sein de ce bloc depuis le début de la crise.
À quelques jours de l’expiration du mandat du CPT, aucune annonce officielle n’a encore été faite concernant la direction de la transition après le 7 février. Sur les neuf conseillers-présidents, cinq sont visés par des sanctions internationales, dont trois anciens coordonnateurs du Conseil. La conseillère-présidente Régine Abraham, qui n’exerce pas de droit de vote, n’est pour l’instant pas concernée par ces mesures.
Belly-Dave Bélizaire
Vant Bèf Info (VBI)
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