Quand le pouvoir vacille, la sécurité recule et les gangs jubilent

Par Wandy CHARLES

Il y a des moments où le silence serait une faute. Et il y a des moments où provoquer une crise relève presque de l’irresponsabilité politique.

Alors que le pays retient son souffle, alors que les forces de l’ordre mènent l’une de leurs offensives les plus décisives contre les gangs armés, le sommet de l’État s’enlise dans un bras de fer aussi stérile que dangereux. Sur les réseaux sociaux, la colère gronde. Elle vient d’Haïti, elle vient de la diaspora, et elle vise clairement la Primature et le Conseil Présidentiel de Transition.

Pourquoi maintenant ?

Pourquoi ouvrir une crise au moment précis où le pays a besoin de sérénité, de cohésion, de solidarité lucide face à l’urgence sécuritaire ? Oui, pourquoi maintenant ? La question obsède. Et la réponse, pour beaucoup de citoyens, est glaçante.

Ce bras de fer n’est pas anodin. Il fragilise l’élan, il désorganise l’effort, il offre de l’oxygène aux gangs. Chaque tension politique devient une diversion. Chaque querelle institutionnelle est une brèche. Et pendant que le pouvoir se dispute, les gangs se réorganisent.

Sur la toile, le soupçon est lourd, persistant, presque obsessionnel : Et si cette crise était calculée ? Et si certains, au sommet, n’avaient aucun intérêt à voir les gangs neutralisés ?

Pour ces citoyens, l’hypothèse n’est plus taboue. Ils accusent un petit cercle de dirigeants de préférer l’instabilité au rétablissement de l’ordre, de saboter indirectement l’offensive de la Police nationale d’Haïti, précisément parce qu’elle dérange des équilibres obscurs. C’est une accusation grave. Mais elle prospère sur un terrain miné par le manque de clarté, l’absence de leadership et le spectacle désolant des luttes de pouvoir.

Les citoyens, eux, n’ont plus la patience. Ils mettent en garde. Ils préviennent. Ils rappellent que l’histoire ne sera pas clémente avec ceux qui auront joué avec le feu au cœur de la tempête. Toute tentative de déstabilisation, tout signal de complaisance envers les gangs, sera lu comme une trahison de l’intérêt national.

Le message est simple, presque brutal : Haïti a besoin de sécurité, pas de turbulence politique. De résultats, pas de manœuvres. De courage, pas de calculs.

À l’heure où des milliers de familles vivent barricadées, déplacées ou endeuillées, le pouvoir n’a plus le droit à l’erreur. Entraver la lutte contre les gangs pour des ambitions personnelles ou des rivalités institutionnelles, c’est jouer contre la nation elle-même.

Vant Bef Info (VBI)


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