Haïti : Washington dénonce la collusion entre politiciens et gangs
Le Département d’État américain pointe du doigt les élites politiques accusées d’instrumentaliser la violence pour accéder au pouvoir.

Port-au-Prince, 22 janvier 2026. Dans un communiqué publié le jeudi 22 janvier 2026, le Département d’État américain attribue l’instabilité chronique en Haïti aux choix de politiciens corrompus, plutôt qu’à la Constitution ou à la culture du pays. Selon Washington, certains dirigeants utiliseraient les gangs pour provoquer le chaos et négocier ensuite leur intégration au gouvernement.
« L’instabilité chronique en Haïti résulte des choix de politiciens haïtiens corrompus qui utilisent des gangs et d’autres groupes armés pour créer le chaos dans les rues, puis exigent une place au sein du gouvernement afin de réduire la violence qu’ils ont eux-mêmes provoquée », indique le communiqué.
Le message souligne que la véritable stabilité ne pourra émerger que lorsque les dirigeants politiques tireront leur légitimité du soutien populaire, et non de leur capacité à semer la violence. Le Département d’État va plus loin en qualifiant certains membres du Conseil présidentiel de transition (CPT) engagés dans cette logique de « criminels », en les assimilant aux gangs avec lesquels ils seraient en collusion.
Cette prise de position, marquée par sa franchise, reflète une lassitude croissante de la communauté internationale face à l’enlisement de la crise haïtienne.
Pour de nombreux observateurs, le constat dressé par Washington confirme une réalité documentée : l’imbrication entre sphère politique et groupes armés, l’instrumentalisation de la violence et l’érosion continue de la légitimité démocratique.
Cependant, ces déclarations suscitent également critiques et malaise à Port-au-Prince. Certains acteurs politiques et membres de la société civile y voient une posture moralisatrice, voire une stigmatisation, qui occulte les responsabilités externes dans la déstabilisation du pays.
Ces critiques rappellent que les États-Unis, tout en dénonçant aujourd’hui la collusion entre politiciens et gangs, ont longtemps soutenu, directement ou indirectement, des arrangements politiques fragiles, privilégiant la stabilité immédiate à la consolidation d’institutions solides.
Pour ces voix, appeler à une légitimité fondée sur le vote, sans garantir au préalable des conditions sécuritaires minimales, pose une exigence théorique difficilement applicable sur le terrain. Elles soulignent aussi que les sanctions ciblées, les pressions diplomatiques et les déclarations publiques américaines influencent fortement les dynamiques politiques internes, parfois sans concertation avec les acteurs locaux.
Entre lucidité et ingérence, le message américain illustre une tension persistante : Haïti est sommé de se réformer sous le regard des partenaires internationaux qui, tout en dénonçant les dérives du système, continuent d’influencer les équilibres politiques du pays.
Judelor Louis Charles
Vant Bèf Info (VBI)
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