Crise haïtienne : Camille Chalmers évoque une « fabrication du chaos » et défend une refondation politique à l’approche du 7 février

L’économiste Camille Chalmers, porte-parole du Parti Rasin Kan Pèp, dresse un tableau sombre de la situation haïtienne. Il dénonce des rapports de force défavorables au peuple, la continuité du chaos institutionnel et une exclusion systématique de la population des décisions nationales. À l’approche de la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), il appelle à une redéfinition profonde du jeu politique et à une mobilisation des forces sociales et politiques du pays.

Port-au-Prince, le 6 janvier 2026.-Pour Camille Chalmers, la situation actuelle d’Haïti est marquée par une incertitude : les rapports de force existants jouent la carte de la continuité du chaos. Cette dynamique se traduit par une déstructuration progressive du système économique et politique haïtien, dont les conséquences sont directement supportées par la population, a fait remarquer le dirigeant du parti politique Rasin Kan Pèp.

Selon l’économiste, la crise haïtienne n’est pas seulement le fruit de dysfonctionnements internes, mais le résultat d’une véritable fabrication du chaos, étroitement liée aux décisions prises par l’impérialisme américain. Cette situation impose au peuple haïtien un tribut humain, social et économique extrêmement lourd, dans un contexte d’insécurité chronique et d’appauvrissement généralisé.

Face à ce constat, Camille Chalmers souligne l’urgence pour les organisations sociales et politiques haïtiennes de se rassembler autour d’un plan de sortie de crise et d’un véritable projet de construction nationale. Un tel projet, affirme-t-il, passe nécessairement par une redéfinition des rapports entre Haïti et les puissances étrangères, en particulier les États-Unis.

L’exclusion du peuple et l’urgence de redéfinir le jeu politique

L’économiste replace également la crise actuelle dans une continuité historique. Depuis plus d’une décennie, explique-t-il, le peuple haïtien est progressivement exclu du jeu politique. Les décisions stratégiques se prennent sans mécanismes réels de participation populaire, sans canaux d’expression et sans cadres d’organisation citoyenne.

Cette exclusion est, selon lui, renforcée par la terreur imposée par les gangs armés, dont le rôle principal serait d’empêcher toute mobilisation politique du peuple haïtien. Camille Chalmers estime que cette violence a brisé les dynamiques de participation citoyenne qui avaient émergé après la chute de la dictature en 1986.

À l’approche de la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition, la question de l’alternative politique reste entière. Malgré la diversité des propositions portées par différents acteurs, Camille Chalmers insiste sur la nécessité de reconstruire un cadre politique inclusif, capable de replacer le peuple au centre des décisions qui engagent l’avenir du pays.

Pour le porte-parole du Parti Rasin Kan Pèp, l’avenir d’Haïti dépendra de la capacité des forces sociales et politiques à rompre avec la logique d’exclusion et à instaurer de véritables mécanismes de participation populaire. Sans une refondation profonde du jeu politique, prévient-il, la continuité du chaos risque de devenir la seule perspective pour un peuple déjà durement éprouvé.

Jean Allens Macajoux
Vant Bèf Info (VBI)


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