Corrompus, bandits, honnêtes, malhonnêtes : tous Haïtiens, tous ancêtres
Par Deslande Aristilde
En ce 222ᵉ anniversaire de l’indépendance d’Haïti, il est temps de regarder notre pays avec lucidité, sans se cacher derrière la gloire du passé. Le passé n’est pas seulement derrière nous : il vit en nous. Chacun de nos actes aujourd’hui écrit notre histoire et construit l’empreinte que nous laisserons à nos enfants. Corrompus ou honnêtes, bandits ou vertueux, nous choisissons tous notre rôle dans le grand récit haïtien.

Pétion-Ville, 1er janvier 2026.- Hérité de la bravoure de Dessalines, de la vision de Henri Christophe, de la détermination de Toussaint Louverture. Leur éternité n’est pas un simple souvenir : elle est le témoignage que l’action transforme la société et défie le temps. Mais qu’avons-nous fait, nous, en tant qu’ancêtres en devenir ? Les paroles ne suffisent pas. La fierté de nos ancêtres ne remplace pas notre responsabilité de construire, aujourd’hui, pour demain.
La société haïtienne se débat entre l’héritage et le présent, entre les idéaux historiques et les réalités contemporaines : corruption systémique, violences, pauvreté structurelle, inégalités criantes. La sociologie nous enseigne que ces phénomènes ne sont pas des fatalités : ils reflètent des choix collectifs et individuels. La psychologie et l’ethnologie montrent que les comportements humains, les peurs, les lâchetés, les ambitions et les trahisons se répètent, générant un cycle qui peut être interrompu par la conscience et l’action.
La science, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques offrent des clés concrètes pour changer la trajectoire du pays. L’innovation, la planification stratégique, l’éducation et la rationalité sont des armes contre la fatalité historique. Mais elles exigent courage, discipline et vision, qualités que nous glorifions chez nos ancêtres mais que nous peinons à incarner.
Être Haïtien aujourd’hui, c’est être à la fois héritier et architecte. Les péchés des uns salissent tous les autres. Les échecs collectifs deviennent une dette envers l’avenir. Nous sommes condamnés à être des ancêtres, mais quel type d’ancêtre voulons-nous être ? Ceux qui répètent l’histoire de la médiocrité ou ceux qui, malgré les défis, bâtissent des fondations pour que le pays survive, prospère et inspire ?
En ce 1er janvier 2026, notre indépendance ne se mesure pas seulement aux batailles gagnées il y a deux siècles. Elle se mesure à la valeur et à la responsabilité que nous créons chaque jour. L’éternité réside dans le cœur de l’homme. Dessalines, Christophe, Toussaint Louverture, et autres ont choisi d’agir. Et vous, Haïtiens d’aujourd’hui, que laissez-vous pour demain ?
Vant Bèf Info (VBI)
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