Fêtes de fin d’année : flambée des prix, pénurie de produits et détresse des commerçants

À l’approche des fêtes de fin d’année, les marchés publics du pays, notamment à Port-au-Prince, Delmas et Pétion-Ville, traversent une période particulièrement difficile. Les prix s’envolent, les produits essentiels se raréfient et les petits commerçants peinent à maintenir leurs activités.

Port-au-Prince, 12 décembre 2025
Dans les allées du marché de Pétion-Ville, considéré aujourd’hui comme l’un des plus centres commercuaux de la zone métropolitaine, les étals autrefois bien garnis en denrées festives, riz, pois, boissons, jouets et vêtements, entre auttes, attirent de moins en moins les regards. Clients et marchandes ne cessent de se plaindre.

« L’année dernière, on pouvait encore acheter un sac de riz à 3 000 gourdes. Aujourd’hui, il coûte plus de 5 000. Les clients se plaignent, mais nous aussi : on n’arrive même plus à se réapprovisionner », déclare Mireille Éloi, vendeuse de produits alimentaires au marché Cocoyer de Pétion-Ville.

Elle souligne que les consommateurs souhaitent encore payer les prix de 2024, alors que même dans les magasins il est impossible de comparer les tarifs tant les hausses sont rapides et imprévisibles.

De son côté, Roselore Chrispin, marchande de jouets, déplore une ambiance de Noël inexistante, et s’inquiète surtout pour les enfants.

« J’ai commandé des jouets depuis octobre, ils ne sont jamais arrivés. Les rares que j’ai sont trop chers. Les enfants auront un Noël bien triste si la situation ne change pas », regrette-t-elle.

Une crise alimentée par l’insécurité et l’absence de régulation

Plusieurs facteurs expliquent cette situation : l’insécurité qui perturbe le transport des marchandises, l’augmentation des frais douaniers et l’absence de mécanismes efficaces pour réguler les prix.

Une réalité qui alimente l’inquiétude d’une population déjà fragilisée et qui continue de remettre en question la gestion du pays par ses dirigeants.

Les principaux axes routiers demeurent bloqués, les gangs renforcent leurs opérations, et les autorités brillent par leur absence.

« L’État est quasiment absent. Aucun contrôle des prix, aucune mesure de soutien aux petits commerçants. C’est la loi du plus fort sur les marchés », souligne David François, commerçant de produits alimentaires à Delmas 32, évoquant également l’incapacité croissante des ménages à acheter même les produits de base.

Hausse vertigineuse des prix : les chiffres

Selon un relevé effectué par Vant Bèf Info (VBI), plusieurs produits ont enregistré une augmentation de 40 à 70 % par rapport à décembre 2024. Parmi eux :

Riz local : de 450 gourdes/mamite à 750 gourdes — +66,67 %

Riz importé : de 3 000 à plus de 5 000 gourdes — +66,67 %

Spaghetti : de 900 à 1 350 gourdes — +50 %

Huile végétale (Crystol ou Mazola) : de 900 à 1 300 gourdes le gallon — +44,44 %

La Direction Générale du Commerce Intérieur n’a pour l’instant proposé aucune mesure concrète pour juguler la crise. Les commerçants appellent à des actions urgentes afin d’éviter un effondrement total de l’activité économique en pleine période festive.

En attendant, les consommateurs s’adaptent tant bien que mal, tandis que les marchés vivent un mois de décembre sous tension, bien loin de l’effervescence habituelle qui marque traditionnellement la fin de l’année.

Jean Gilles Désinord

Vant Bèf Info (VBI)


Discover more from Vant Bèf Info (VBI)

Subscribe to get the latest posts sent to your email.