Grand’Anse : les clients de Mon Cash dénoncent des frais illégaux et l’inaction de Digicel

Les utilisateurs du service mobile Mon Cash dans la Grand’Anse font face depuis plusieurs mois à des pratiques qualifiées d’abusives dans plusieurs bureaux agréés. Entre frais de retrait doublés, obligation d’achat et refus de service délibéré, les clients dénoncent un système oppressant, facilité, selon eux, par le silence persistant de Digicel.

Jérémie, 5 décembre 2025 — Dans de nombreuses communes du département, le schéma est le même : des frais supplémentaires illégaux sont exigés pour retirer de l’argent. À Dame-Marie, plusieurs clients affirment avoir dû payer des frais de retrait doublés. À Jérémie, la situation atteint un niveau plus alarmant : certains bureaux imposent l’achat de produits comme condition obligatoire pour accéder au retrait.

Dans un point Mon Cash de la zone Lankoton, un avis affiché résume clairement cette pratique : « Si vous désirez faire un retrait, il est obligatoire d’acheter au moins pour 10 % de la transaction. » Une mesure sans base légale, mais appliquée systématiquement, selon les témoignages recueillis.

De nombreux clients disent se sentir piégés. Paul André, habitant de Caracolie, raconte avoir dû acheter 500 gourdes de crédit téléphonique pour retirer un transfert familial :
« C’est de l’abus pur et simple. On nous vole une partie de notre argent, et on n’a pas le choix. »

Même constat du côté de Mme Martine Moïse, marchande de Rochasse :
« On nous dit qu’il n’y a pas de fonds ou que le système est en panne… jusqu’à ce qu’on achète quelque chose. C’est comme une mort lente. »

Ces pratiques sont également rapportées dans des zones de forte affluence comme Carrefour au Back, où les clients font face aux mêmes exigences.

Pointée du doigt par la population, la compagnie Digicel, propriétaire du service Mon Cash, reste silencieuse malgré les plaintes répétées. Cette absence de réaction est interprétée par certains comme un laisser-faire qui encourage la poursuite des dérives.

Les clients exigent une intervention immédiate : la sanction des bureaux fautifs, le respect strict des tarifs officiels, et la garantie d’un accès équitable au service dans tout le département. Sans mesures rapides, préviennent-ils, le calvaire des usagers de la Grand’Anse risque de s’installer durablement.

Judelor Louis Charles
Vant Bèf Info (VBI)


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