Le JCDH dénonce plus de 20 mois de détention arbitraire de Daphkar Salomon et cinq autres citoyens

Le collectif Journalistes contre la Corruption pour les Droits Humains et la Démocratie (JCDH) condamne la détention prolongée de six citoyens arrêtés le 9 avril 2024, dont Daphkar Salomon et des membres de sa famille. Dans une note signée par le journaliste Joseph Guyler C. Delva, publiée ce jeudi 4 décembre 2025, l’organisation accuse le Commissaire du Gouvernement de Port-au-Prince, Fritz Patterson Dorval, de bloquer le dossier et exige la fin de ce qu’elle qualifie de privation arbitraire de liberté.

Port-au-Prince, 4 décembre 2025. – Selon le JCDH, Daphkar Salomon, sa sœur Rose Jallye, son frère Viberson et trois autres personnes sont maintenus en détention depuis plus de vingt mois, en violation manifeste des droits garantis par la loi. L’organisation affirme qu’aucun élément matériel n’a été présenté pour justifier leur incarcération.

D’après Me Junior M. F. Romulus, avocat de Daphkar Salomon, l’affaire remonte à un incident de circulation survenu le 9 avril 2024, transformé en arrestation puis en détention prolongée. L’avocat soutient que le dossier reste dépourvu de preuves depuis l’interpellation.

Les proches des détenus affirment que trois autres personnes — des amis venus rendre visite à Daphkar — ont été arrêtées sans explication valable. Ils rapportent également des propos menaçants et des soupçons infondés de la part de certains policiers. La mère de Daphkar, Marie Venia Samedi, précise qu’une perquisition menée au domicile de sa fille n’a abouti à aucun indice compromettant.

Le JCDH cite aussi le cas de Jallye Salomon, arrêtée après avoir protesté contre un policier qui l’aurait insultée et traitée de « femme de gang ». Pour l’organisation, cet événement illustre la dérive de certaines pratiques policières.

L’organisation pointe directement la responsabilité du Commissaire du Gouvernement, Fritz Patterson Dorval, qu’elle accuse d’avoir retardé le dossier en ne transmettant pas son réquisitoire définitif au juge instructeur. Elle évoque une « rébellion contre la loi » et une grave atteinte aux procédures judiciaires.

Le JCDH appelle les autorités compétentes à agir sans délai, à transmettre le réquisitoire et à garantir le respect des droits des six détenus. Pour le collectif, ce dossier reflète une justice dysfonctionnelle, marquée par l’arbitraire et l’inaction institutionnelle.

Belly-Dave Bélizaire
Vant Bèf Info (VBI)


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