Fritz Jean face à ses contradictions: de fervent partisan des sanctions à victime de «pression politique»
Les récentes sanctions de visa imposées par les États-Unis à l’encontre de Fritz Alphonse Jean, membre du Conseil présidentiel de transition (CPT), mettent en lumière une incohérence notable dans les déclarations publiques de l’économiste haïtien. Accusé par Washington de soutenir des groupes criminels et d’entraver la lutte contre les gangs, M. Jean qualifie désormais cette mesure de «pression politique et diplomatique».

L’objet de cette pression, selon M. Jean, serait sa position ferme en faveur de la révocation du Premier Ministre actuel, Alix Didier Fils-Aimé. Il affirme que des chargés d’affaires des États-Unis et du Canada accrédités en Haïti lui auraient envoyé des messages de menaces pour qu’il tempère ses démarches.
Ce discours de victime d’ingérence étrangère contraste fortement avec les prises de position antérieures de l’ancien président de l’Accord de Montana. En effet, en novembre 2023, M. Jean s’était montré un fervent partisan des sanctions internationales. Dans un discours marquant sur la réforme institutionnelle et économique d’Haïti, il avait publiquement applaudi ces mesures, les considérant comme une opportunité pour l’économie haïtienne.« Avec ces sanctions données à tribord et à bâbord qui ont mis de côté plusieurs opérateurs économiques qui étouffaient l’économie du pays, on a ouvert pour nous une fenêtre qui nous permettra de définir les nouvelles règles du jeu de l’économie en Haïti », avait-il déclaré.
À cet époque, l’économiste voyait dans ces sanctions le moyen d’écarter les opérateurs économiques qui étouffaient le système et de favoriser l’émergence d’une nouvelle génération d’investisseurs et d’entrepreneurs.
Aujourd’hui, alors qu’il est lui-même visé par une mesure coercitive issue de la communauté internationale, il dénonce une « pression » destinée à influencer ses actions politiques au sein du CPT. La question se pose : les sanctions sont-elles un outil légitime pour ouvrir une nouvelle fenêtre économique et politique, ou bien un instrument de menace illégitime, selon qu’elles sont appliquées aux autres ou à soi-même ?
Les observateurs politiques en Haïti y voient une illustration des compromis complexes auxquels sont confrontés les membres de la classe politique haïtienne face à l’interventionnisme étranger et aux impératifs nationaux. La rédaction de Vant Bèf Info, se tient prête à suivre l’évolution de cette affaire et la réaction des autres membres du Conseil présidentiel de transition.
Vant Bèf Info (VBI)
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