Les agents du CEP réclament leurs arriérés et demandent un audit sur la gestion de l’institution

Une vive tension persiste autour du Conseil Électoral Provisoire (CEP). Les 469 agents des Bureaux Électoraux Départementaux (BED) et Communaux (BEC) réclament le paiement intégral de leurs arriérés de salaire et exigent une enquête sur la gestion de l’institution entre 2021 et 2024.

Port-au-Prince, le 2 novembre 2025.-Dans une lettre ouverte adressée à l’opinion publique, ces agents affirment être victimes de violations de leurs droits contractuels. Ils évoquent des cas présumés de corruption, de détournement de fonds et de mauvaise gouvernance au sein du CEP durant la période concernée.

Recrutés en mars 2021 après un processus de sélection validé par le Conseil, les plaignants soutiennent n’avoir perçu que treize mois de salaire sur les quarante-deux prévus, alors que leurs contrats étaient toujours en vigueur. Ils affirment détenir des attestations de travail signées par la Direction exécutive, alors dirigée par Max Délices.

Selon leur déclaration, M. Délices et certains conseillers électoraux auraient ignoré une directive du ministère de l’Économie et des Finances (MEF) ordonnant le paiement de dix-neuf mois de salaire. Les fonds, affirment-ils, auraient été gérés de manière « arbitraire et opaque ».

Interrogé par le média Métronome, le président actuel du CEP, Jacques Desrosiers, a rejeté ces accusations. Il précise que les contrats des agents couvraient uniquement la période de mars à septembre 2021, et qu’ils n’avaient pas été approuvés par la Cour des comptes, faute de régularisation légale du Conseil, qui n’avait pas prêté serment devant la Cour de cassation.

M. Desrosiers a rappelé que le gouvernement d’Ariel Henry avait partiellement régularisé la situation avant la dissolution du CEP, versant sept mois de salaire ainsi qu’une prime de séparation équivalente à six mois. Il invite désormais les anciens agents à s’adresser à la Cour des comptes s’ils estiment que l’État leur doit encore des arriérés.

Malgré ces précisions, les anciens employés maintiennent leurs revendications et réclament la publication d’un audit complet sur la gestion financière du CEP entre 2021 et 2024, ainsi qu’une enquête judiciaire pour faire la lumière sur cette affaire.

Cette controverse met de nouveau en évidence les faiblesses institutionnelles et le manque de transparence qui affectent depuis plusieurs années la gestion du processus électoral en Haïti, un secteur essentiel au renforcement de la démocratie et à la restauration de la confiance citoyenne.

Judelor Louis Charles
Vant Bèf Info (VBI)


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