Insécurité : Washington s’invite dans la cuisine de Barbecue, après Krisla

Après avoir « observé » Chris-Roi Chéry, alias Krisla, l’homme des selfies dorés sur fond de misère, voici que l’ambassade américaine s’intéresse à Jimmy Chérizier, alias Barbecue , le pyromane le plus célèbre du pays.

Port-au-Prince, 16 octobre 2025

Un communiqué de l’ambassade des USA , publié ce jeudi 16 octobre, le cite presque comme un acteur incontournable du chaos haïtien. La diplomatie a décidément de l’humour noir.
Ancien policier devenu chef de la fédération de gangs Viv Ansanm, Chérizier se décrit volontiers comme un révolutionnaire, un Robin des Bois urbain venu « libérer » les pauvres. En réalité, il libère surtout la mort et la terreur. Sous son commandement, des quartiers entiers sont devenus des champs de ruines ; des centaines de civils ont été tués, des familles déplacées, et des cargaisons d’aide humanitaire transformées en outils de chantage politique.

Mais ne soyons pas injustes : Barbecue a aussi ses petites coquetteries. D’après des sources sûres , il aurait dépensé plus de 1 000 dollars pour un vélo d’exercice de luxe , un objet qu’il ne touche presque jamais. Un symbole, sans doute : celui d’un homme qui fait du surplace tout en prétendant avancer, comme le pays qu’il dit vouloir sauver.

Les plus indulgents diront que Chérizier est le produit d’un système en décomposition : une République fantôme où la police s’effondre, la justice dort et les élites se gavent. D’autres y verront un pion soigneusement entretenu , un outil commode pour maintenir le désordre sous contrôle. Après tout, quoi de mieux qu’un chef de gang pour « gérer » les zones où l’État ne va plus ?
Et voici que Washington s’interroge : faut-il dialoguer avec lui ? Faut-il l’inviter à la table du « processus de stabilisation » ? : faut-il donner un siège à celui qui règne par la peur ? C’est l’eternel dilemme américain par excellence; discuter avec les bourreaux au nom de la paix.

Pour la majorité des Haïtiens, la farce n’amuse plus. Barbecue ne symbolise ni la révolution ni la justice, mais un désastre continu, celui d’un pays pris en otage entre la violence des gangs, le silence complice des élites et la froide indifférence des puissants.

Les États-Unis, eux, observent. Ils publient, commentent, invitent parfois. Le peuple, lui, enterre ses morts mutilés ou brûlés vifs.

Christina Juliana Vilmé
Vant Bèf Info (VBI)


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