Un premier Conseil des ministres au Palais national après 18 mois de fonctionnement du CPT
Le Conseiller-Président Leslie Voltaire a présidé, en l’absence du coordonnateur général du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), Laurent Saint-Cyr, un Conseil des ministres ce jeudi au Palais national, au Champ-de-Mars. Il s’agit du premier Conseil des ministres tenu en ce lieu depuis l’installation du CPT, il y a 18 mois.

Port-au-Prince, 9 octobre 2025. — Selon les déclarations du CPT, cette séance représente une étape symbolique et déterminante dans la reprise progressive du contrôle de l’État sur le centre-ville de Port-au-Prince, considéré comme le cœur de l’autorité publique. Les discussions ont porté sur des mesures visant à renforcer la sécurité nationale et à améliorer la gouvernance.
À l’issue de la réunion, plusieurs projets de décrets et d’arrêtés ont été adoptés, notamment :
le Projet de décret établissant le Budget général de l’exercice fiscal 2025-2026, évalué à 345 milliards de gourdes, avec un accent particulier sur la sécurité et l’éducation ;
le Projet de décret abrogeant le décret du 17 juillet 2024 relatif à la Conférence nationale, ainsi que le décret référendaire du 24 juin 2025 ;
le Projet d’arrêté modifiant les articles 3 et 6 de l’arrêté du 18 septembre 2024 concernant la composition et le mandat du Conseil Électoral Provisoire (CEP) ;
le Projet d’arrêté rapportant les arrêtés du 24 juillet et du 2 septembre 2024 relatifs au Comité de pilotage de la Conférence nationale.
Un Conseil sous tension malgré les déclarations officielles
Alors que le ministre de la Communication, James Monazard, affirmait sur les ondes de Gazette Haïti que la séance s’était déroulée dans un climat serein, plusieurs vidéos circulant sur les réseaux sociaux — dont l’une filmée par un journaliste de Vant Bèf Info — ont montré une réalité plus préoccupante. Le Conseil s’est tenu dans un contexte de forte tension, marqué par des échanges de tirs entre des individus armés de la coalition criminelle Viv Ansanm et les forces de l’ordre aux abords du Champ-de-Mars.

Le porte-parole de cette coalition, Jimmy Chérisier, alias « Barbecue », a revendiqué l’attaque, affirmant que « sans la volonté de [son] association, l’État ne pourra pas contrôler le centre-ville ».
Malgré ce climat d’insécurité, le CPT a réaffirmé dans une note officielle sa détermination à œuvrer en faveur de l’organisation d’élections libres, crédibles et transparentes — un objectif qui demeure un défi majeur depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse.
Sarah Germain
Vant Bèf Info (VBI)
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