Insecurité : Carrefour, Fontamara , Martissant, Bicentenaire : vivre entre rafales, blackout et silence radio

À Carrefour, Fontamara, Martissant, et Bicentenaire , la vie quotidienne se déroule au rythme des rafales d’armes automatiques, des coupures de courant et de l’absence totale de réseau téléphonique. Dans ces quartiers meurtris par l’insécurité chronique, le moindre déplacement devient un exercice périlleux.

Port-au-Prince, 4 octobre 2025

Un quotidien sous tension

Depuis plusieurs mois, les échanges de tirs entre gangs armés et forces de l’ordre paralysent ces zones stratégiques. Les routes sont souvent désertes, bloquées ou simplement inaccessibles. Pour les habitants, sortir de chez soi est devenu un acte de bravoure.

« Premye oktòb la, premye jou lekòl pitit mwen. Depi midi mwen soti pou m al chèche li. Li te 2 zè, mwen toujou pa ka travèse ak li », témoigne un parent, coincé en pleine fusillade.

Crise humanitaire silencieuse

Outre l’insécurité, les conditions de vie se dégradent dangereusement. Depuis janvier 2025, les quartiers concernés font face à une pénurie d’eau potable, à une absence quasi totale d’électricité, et à des interruptions prolongées du réseau mobile. À Carrefour, plusieurs résidents affirment ne plus capter de signal Digicel durant des journées entières, rendant même les appels d’urgence impossibles.

Des écoles sous pression

Malgré les risques, certaines écoles ont tenté de rester ouvertes. « Pwofesè yo vini chak jou ak lapriyè, epi timoun yo toujou gen soulye nan men yo pou kouri si gen tire », rapporte une directrice d’établissement. Mais en cette nouvelle année scolaire, la détérioration du climat sécuritaire pousse de plus en plus d’enseignants à abandonner.

Abandon et interrogations

Alors que les promesses gouvernementales se succèdent, les actions concrètes sur le terrain tardent à venir. Les habitants s’interrogent : que fait l’État pour ces zones laissées à elles-mêmes ?

Tant que ces quartiers resteront déconnectés, sans sécurité, sans accès aux services de base, aucune réforme éducative ou économique ne pourra y porter ses fruits. Ces familles continueront de survivre dans l’ombre, entre les balles, dans l’obscurité, et souvent dans le silence.

Dans ces quartiers, survivre, c’est agoniser à petit feu. Sarah-Lys Jules

Vant Bèf Info (VBI)


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