Rentrée scolaire en Haïti : une école sans cap, des élèves privés d’avenir
Alors que la rentrée scolaire 2025-2026 approche, Haïti se retrouve une fois de plus confronté à une crise éducative majeure. Dans un contexte marqué par la vie chère, l’insécurité et l’absence de services publics, le système scolaire peine à offrir aux enfants une véritable chance de réussite.

Port-au-Prince, 25 septembre 2025–
Une crise silencieuse mais dévastatrice
Depuis plusieurs décennies, la qualité de l’enseignement en Haïti est en chute libre. Autrefois symbole d’espoir et d’ascension sociale, l’école est désormais perçue par de nombreux parents comme un pari incertain, parfois inaccessible. Le résultat est alarmant : des élèves incapables de lire ou d’écrire correctement après plusieurs années de scolarité, des enseignants démotivés, mal formés et insuffisamment rémunérés.
Une école sans repères
Les programmes scolaires, souvent obsolètes, ne répondent plus aux réalités socio-économiques du pays. Les manuels sont rares, les infrastructures délabrées, et l’accès au numérique reste un luxe pour la majorité des élèves. À cela s’ajoute l’absence de supervision étatique et la sécurité précaire des établissements. Le silence des autorités locales et la quasi-inexistence du Service d’Action Civique illustrent le désengagement institutionnel face à cette urgence.
Une génération sacrifiée
Les statistiques sont inquiétantes : plus de 60 % des enfants haïtiens n’atteignent pas le niveau secondaire. Ceux qui parviennent à poursuivre leur scolarité sont confrontés à des grèves récurrentes, des enseignants absents ou des fermetures d’écoles dues aux troubles sociaux. Cette situation compromet non seulement l’avenir individuel des jeunes, mais aussi le développement du pays dans son ensemble.
L’urgence d’un sursaut national
Pour inverser cette tendance, une réforme profonde est indispensable. Il est crucial de renforcer la formation des enseignants, d’investir dans les infrastructures scolaires et de moderniser les programmes pédagogiques. L’éducation doit redevenir une priorité nationale, car sans une jeunesse instruite, critique et capable d’innover, Haïti restera prisonnière d’un cycle de stagnation.
Alors que l’année académique 2025-2026 s’apprête à débuter, une question fondamentale se pose : Haïti est-elle prête à sauver son école et à offrir un véritable avenir à ses enfants, ou a-t-elle déjà renoncé à cette ambition ?
Espérancia JEANNOT
Vant Bèf Info (VBI
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