La FJKL accuse le CPT d’avoir « officialisé l’impunité » dans le dossier Nenel Cassy

La Fondasyon Je Klere (FJKL) dénonce ce qu’elle qualifie de « scandale monstrueux » dans la gestion du dossier de l’ex-sénateur Nenel Cassy. Dans un rapport publié le 29 août, l’organisation estime que la décision du parquet de Port-au-Prince, alors dirigé par le commissaire Frantz Monclair, de libérer l’ancien parlementaire et ses présumés complices, constitue l’« officialisation de l’impunité » par le Conseil présidentiel de transition (CPT).

Arrestation puis libération contestée

Port-au-Prince, 1er septembre 2025. – Selon le rapport, la DCPJ avait arrêté l’ex-sénateur Cassy le 2 août 2025 au restaurant La Réserve, à Pétion-Ville, en compagnie de Willy Adrien, alias Kadafi. Les accusations retenues étaient multiples : assassinats, tentatives d’assassinat, enlèvement, complot contre la sûreté de l’État, incendies criminels, financement du terrorisme, corruption, blanchiment et association de malfaiteurs.

Malgré cette liste de charges, le parquet de Port-au-Prince a décidé de libérer Cassy et Adrien, tout en annulant les poursuites contre plusieurs chefs de gangs notoires, dont Renel Destina alias Ti Lapli, Johnson André alias Izo 5 segond, et Christ-Roi Chéry alias Chrisla.

Indices accablants dans des affaires criminelles

La FJKL rappelle notamment l’affaire de l’assassinat du diplomate Jacques Pierre Matilus, survenu en février 2021 à Delmas 40B. Le poignard de la victime avait été retrouvé dans le véhicule de Cassy. L’organisation souligne aussi les contradictions de l’ex-sénateur, dont le téléphone avait borné sur les lieux du crime malgré ses dénégations.

La FJKL estime que ces éléments constituaient des indices suffisants pour le renvoyer devant les tribunaux.

Enrichissement illicite présumé

Le rapport cite également une enquête de l’ULCC, datée de novembre 2023, qui accuse Cassy de fausse déclaration de patrimoine et d’enrichissement illicite. L’ex-sénateur et son épouse posséderaient plusieurs comptes bancaires non déclarés, des propriétés, des véhicules et des biens de luxe pour une valeur excédant leurs revenus officiels. Entre 2016 et 2017, des dépôts de près de 30 millions de gourdes auraient été effectués sur un de ses comptes, alors que ses revenus légaux ne dépassaient pas 9,4 millions de gourdes.

Des liens avec des groupes armés

Le rapport mentionne aussi des connexions entre Cassy et des groupes armés tels que Fantom 509 et le BLTS de Chalon, accusés d’assassinats de policiers, d’enlèvements, de viols collectifs et de détournements de camions. D’autres affaires criminelles lui sont associées, dont l’assassinat du policier Richardson André-Vigne en 2019 et l’enlèvement de deux citoyens en janvier de la même année.

Appel à sanctions et zones d’ombre

La FJKL accuse le commissaire Monclair soit d’avoir agi par corruption, soit d’avoir exécuté une décision politique dictée par le CPT à travers le ministre de la Justice. L’organisation exige des sanctions contre les responsables.

Moins de 24 heures après la libération de Cassy, le commissaire Monclair a été révoqué pour « faute administrative grave » par le ministre de la Justice. Toutefois, aucune explication officielle n’a été fournie, laissant planer le doute sur un lien direct entre cette révocation et le classement sans suite du dossier.

Vant Bèf Info (VBI)


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