Violence basée sur le genre : un risque caché pour le cœur des femmes
Une recherche menée sur 66 000 femmes aux États-Unis montre que le harcèlement et les violences psychologiques ne se limitent pas aux blessures invisibles. Ils peuvent aussi peser lourdement sur le cœur, augmentant jusqu’à 70 % le risque de maladie cardiovasculaire ou d’AVC.

La violence basée sur le genre ne laisse pas seulement des cicatrices émotionnelles : elle fragilise aussi la santé cardiovasculaire. Selon une étude publiée lundi dans la revue Circulation, les femmes victimes de harcèlement de la part de leur partenaire ou bénéficiant d’une ordonnance restrictive sont beaucoup plus susceptibles de développer une maladie cardiaque ou de subir un AVC dans les années suivantes.
« Bien que la violence contre les femmes soit fréquente et liée à des problèmes cardiaques ultérieurs, elle n’est toujours pas considérée par de nombreux professionnels de santé comme un facteur de risque cardiovasculaire », souligne Rebecca B. Lawn, chercheuse à l’Université de la Colombie-Britannique (Canada) et à l’Université Harvard (États-Unis).
L’étude, menée uniquement aux États-Unis, rappelle qu’une femme sur trois y a déjà été victime de harcèlement, selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC). Pourtant, ces violences sont rarement prises en compte dans les recherches sur le cœur.
Pour combler cette lacune, les auteurs ont analysé, sur 20 ans, les données de plus de 66 000 femmes concernant le harcèlement, les ordonnances de protection, les maladies cardiaques et les AVC. En 2001, les participantes, âgées en moyenne de 46 ans, ne présentaient aucun antécédent cardiovasculaire.
Les résultats sont parlants :
12 % ont subi du harcèlement.
6 % ont obtenu une ordonnance restrictive.
3 % ont développé une maladie cardiaque ou un AVC au cours de l’étude.
Comparées aux femmes non harcelées, celles victimes de violences présentaient un risque accru de 41 % de troubles cardiovasculaires. Ce risque grimpait à 70 % pour celles ayant une ordonnance restrictive.
Rebecca B. Lawn avertit : « Le harcèlement, souvent perçu comme moins grave car non physique, peut être chronique et provoquer des changements majeurs dans la vie des victimes, comme un déménagement. » Les chercheurs estiment que le stress généré pourrait perturber le système nerveux, les vaisseaux sanguins et d’autres fonctions biologiques.
Les auteurs appellent à renforcer la formation des professionnels de santé et à sensibiliser le public sur les conséquences cardiovasculaires de la violence. Ils insistent aussi sur la nécessité de fournir un meilleur soutien aux femmes exposées.
Toutefois, ils précisent que l’étude portait principalement sur des infirmières blanches non hispaniques, ce qui pourrait limiter la généralisation des résultats à d’autres populations.
Yves Manuel
Vant Bèf Info (VBI)
Source : EFE
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