Haïti-Crise : Human Rights Watch réclame une mission onusienne renforcée

Un an après le déploiement de la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MMSS), Human Rights Watch (HRW) tire la sonnette d’alarme sur l’aggravation de la crise humanitaire et sécuritaire en Haïti. Dans un rapport publié ce mercredi 25 juin 2025, l’organisation estime que la force autorisée par l’ONU demeure insuffisante face à la montée des violences, qui ont déjà causé des milliers de morts et déplacé 1,3 million de personnes.

Port-au-Prince, 25 juin 2025 – 

HRW appelle le Conseil de sécurité à transformer la MMSS en une véritable mission onusienne, dotée d’un mandat clair, de ressources accrues et d’une capacité opérationnelle suffisante pour protéger les civils.

 « Chaque jour, la violence force des centaines d’Haïtiens à fuir, sans rien emporter », déplore Nathalye Cotrino, chercheuse senior à l’organisme de défense des droits humains.

Des chiffres alarmants

Depuis l’escalade des violences, les Nations Unies recensent 2 680 morts et 957 blessés. Le rapport du Secrétaire général António Guterres note une hausse dramatique des violations contre les enfants, passées de 383 cas en 2023 à 2 269 en 2024, incluant des violences sexuelles et du recrutement forcé par des groupes armés.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) estime à 1,3 million le nombre de personnes déplacées à l’intérieur du pays — près de 11 % de la population. Les attaques armées dans Port-au-Prince, Mirebalais, Saut-d’Eau, Petite-Rivière, entre autres, contraignent des centaines de milliers de familles à fuir.

« Des hommes sont arrivés, pleins de bandits. Mon frère a été tué d’une balle en pleine tête », témoigne un jeune étudiant déplacé à Cap-Haïtien, interrogé par HRW.

Plus de 246 sites informels, notamment des écoles et des églises, hébergent en moyenne 2 000 personnes chacun, dans des conditions qualifiées d’inhumaines par l’Office de la protection du citoyen (OPC).

Une mission sous-dimensionnée

Malgré son mandat, la MMSS ne compte que 991 soldats sur les 2 500 prévus. Si le Kenya, le Guatemala, le Salvador, la Jamaïque et les Bahamas ont contribué, plusieurs autres pays manquent à l’appel. Neuf des douze bases opérationnelles prévues n’ont pas été mises en place, faute de financements suffisants.

Human Rights Watch reproche à la communauté internationale son manque d’engagement face à l’urgence.

« La violence empire chaque jour. Combien d’atrocités faudra-t-il encore avant que la communauté internationale n’agisse ? » s’interroge Cotrino.

Une crise humanitaire à son paroxysme

Le Plan de réponse humanitaire des Nations Unies, visant à venir en aide à 3,9 millions de personnes, n’est financé qu’à 80 %, alors que 6 millions d’Haïtiens ont besoin d’aide. Dans les sites de déplacement, plus de 8 400 personnes sont en situation de famine aiguë, selon les dernières données de la classification IPC.

Face à cette situation critique, HRW alerte : sans une intervention robuste et coordonnée, la crise haïtienne risque d’atteindre un point de non-retour.

Belly-Dave Bélizaire

Vant Bèf Info (VBI)


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