Mirebalais : le désarmement d’un groupe d’autodéfense ravive l’espoir, mais les inquiétudes persistent

Le désarmement du groupe d’autodéfense Back-Up Feray, annoncé le dimanche 26 juillet 2026, représente une nouvelle étape dans les efforts visant à rétablir la sécurité à Mirebalais, dans le Plateau Central. Cette avancée nourrit l’espoir d’un retour progressif à la paix, mais plusieurs incertitudes continuent de peser sur la situation.

Mirebalais, 29 juillet 2026 –

La Commission pour la paix mise sur un retour à la stabilité

À la suite de cette opération, la Commission pour la paix espère désormais le retrait des groupes armés affiliés à Viv Ansanm, condition jugée essentielle pour favoriser le retour des milliers de personnes déplacées ayant fui les violences.
Malgré cette évolution, plusieurs questions demeurent sans réponse. Les enjeux liés à la justice, aux responsabilités des différents acteurs et aux réparations pour les victimes restent au cœur des préoccupations. Sur le terrain, la situation sécuritaire demeure encore confuse.

Des tensions autour du retour des personnes déplacées

La perspective du retour des familles déplacées suscite des réactions contrastées au sein de la population. Certains habitants de Mirebalais, qui sont restés dans la ville malgré la présence des groupes armés, redoutent que le retour des déplacés ne provoque de nouvelles tensions.

Mardi, plusieurs citoyens ont exprimé publiquement leurs inquiétudes lors d’une manifestation. Ils disent craindre que les conditions actuelles ne garantissent pas encore un retour sécurisé et durable des personnes ayant quitté la commune.

Des accusations qui restent à établir

Après l’invasion de Mirebalais par des gangs armés, une partie de la population est demeurée sur place, vivant sous le contrôle des groupes armés qui ont progressivement imposé leur autorité.

Selon plusieurs témoignages recueillis localement, certains résidents auraient servi d’éclaireurs aux groupes armés, facilitant notamment le pillage de maisons et de biens abandonnés par les habitants réfugiés à Hinche et dans d’autres communes du Plateau Central. À ce stade, ces allégations n’ont toutefois pas été confirmées par une enquête officielle et restent à être établies par les autorités compétentes.

Un retour jugé prématuré par plusieurs familles

Le climat de méfiance demeure palpable parmi les déplacés dispersés dans différentes localités du Plateau Central. De nombreuses familles hésitent encore à regagner leurs domiciles, estimant que les conditions de sécurité ne sont pas réunies.
Certaines d’entre elles considèrent également comme prématurée l’initiative menée par l’agent exécutif intérimaire, Lochard Laguerre, en collaboration avec plusieurs acteurs de la société civile. Elles réclament davantage de garanties sur les modalités du retour et sur les mesures de protection qui seront mises en place.

Le silence des autorités entretient les interrogations

Jusqu’à présent, ni le ministère de l’Intérieur, ni la Police nationale d’Haïti (PNH), ni les autorités de l’Exécutif n’ont officiellement communiqué leur position sur cette initiative de retour des déplacés.
Ce silence alimente les interrogations de la population et renforce les préoccupations concernant la sécurité, la justice et les conditions d’un retour durable à Mirebalais.

Uguenson Auguste
Vant Bèf Info (VBI)


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