Haïti : Gardy Maisonneuve met en garde contre un retour des gangs dans les quartiers repris
Le retour des habitants dans des quartiers repris aux groupes armés fait craindre de nouvelles offensives en l’absence de dispositifs sécuritaires durables, estime Gardy Maisonneuve.

PORT-AU-PRINCE, 3 septembre 2026 .—« Le pays risque gros. La situation peut être pire que ce que l’on a connue en 2024 », a déclaré jeudi cet intervenant sur les ondes de Magik9.
Selon lui, le retour des déplacés n’est pas suffisamment encadré. Il appelle à mettre en place une stratégie combinant sécurité, reconstruction et contrôle du territoire.
Solino, un exemple des difficultés
La situation à Solino illustre ces difficultés. Le programme gouvernemental « Retour au quartier » y reste à l’arrêt, selon les explications de Maisonneuve.
Les bailleurs de fonds avaient notamment exigé la construction de deux postes de police pour sécuriser la circulation des personnes et des biens. Des travaux de reconstruction étaient également prévus.
Sur les 1.700 maisons recensées à Solino, 450 devaient être démolies, a précisé l’intervenant. La population aurait accepté le projet, mais les exigences des bailleurs n’auraient pas été remplies par l’État.
Un retour sans garanties sécuritaires
Maisonneuve déplore surtout le retour des habitants dans des conditions proches de celles qui avaient provoqué leur départ.
« À Solino, les habitants sont revenus dans les mêmes conditions qu’ils avaient fuies », a-t-il affirmé.
Il souligne notamment l’absence de commissariat ou de poste avancé des forces de l’ordre dans la zone.
Pour lui, le retour des déplacés ne peut donc pas se limiter à la réouverture des quartiers. Il doit s’accompagner d’une présence sécuritaire permanente et de travaux de reconstruction.
L’objectif, estime-t-il, doit être de permettre aux habitants de rester durablement chez eux en sécurité, et non simplement d’y retourner.
Judlor Louis Charles
Vant Bèf Info
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