Haïti-Élections : RASIN, ASO et ESKANP alertent le CEP sur les risques d’une précipitation
Le processus électoral haïtien suscite de nouvelles inquiétudes à quelques mois des élections prévues le 13 décembre 2026. Dans une lettre ouverte adressée au Conseil électoral provisoire (CEP), trois organisations politiques dénoncent une « précipitation systématique » dans la préparation du scrutin.

Port-au-Prince, 19 août 2026. —Il s’agit du Rasanbleman Sosyalis pou yon Inisyativ Nasyonal Tou Nèf (RASIN), de l’Alternative Socialiste (ASO) et de l’Efò ak Solidarite pou Konstwi yon Altènativ Nasyonal Popilè (ESKANP).
Les trois organisations affirment ne pas s’opposer aux élections ni au retour à l’ordre constitutionnel. Elles demandent toutefois des garanties pour assurer un scrutin crédible, transparent et impartial.
Un délai jugé trop court
RASIN, ASO et ESKANP critiquent notamment l’invitation du CEP aux partis politiques agréés pour une rencontre prévue le 19 août.
La réunion doit notamment porter sur l’attribution des numéros de campagne. Selon les signataires, l’invitation a été envoyée moins de 24 heures avant la rencontre.
Ils y voient un exemple de la précipitation qu’ils dénoncent dans la conduite du processus électoral.
Les trois organisations estiment que les acteurs politiques doivent disposer d’un délai raisonnable. Ils doivent pouvoir étudier les documents, préparer leurs représentants et participer efficacement aux différentes étapes du processus.
La sécurité reste une préoccupation majeure
La situation sécuritaire figure également parmi leurs principales inquiétudes.
Les organisations rappellent un communiqué publié par le CEP le 27 juillet 2026. Le Conseil électoral y avait présenté la reconquête des territoires contrôlés par des groupes armés comme une condition préalable au respect du calendrier électoral.
Or, à moins de quatre mois du scrutin, des groupes armés contrôlent encore plusieurs zones du pays. Certaines se trouvent dans des secteurs à forte concentration électorale.
Pour RASIN, ASO et ESKANP, cette situation soulève des questions sur la capacité des citoyens à exercer librement leur droit de vote.
Elle pourrait également affecter la crédibilité du scrutin.
Des réserves sur une éventuelle consultation constitutionnelle
Les trois organisations expriment aussi des réserves sur l’éventualité d’une consultation populaire sur la Constitution.
Selon elles, cette consultation pourrait être organisée le même jour que les élections du 13 décembre.
RASIN, ASO et ESKANP critiquent cette éventualité. Elles estiment qu’elle pourrait accroître la méfiance de la population dans un contexte politique déjà fragile.
Elles considèrent également qu’une telle démarche pourrait compliquer les efforts visant à rétablir un ordre constitutionnel durable.
Les organisations appellent le CEP à la prudence
RASIN, ASO et ESKANP reconnaissent la nécessité de sortir de la crise politique et institutionnelle.
Elles demandent cependant au CEP de privilégier la qualité du processus électoral plutôt que la rapidité.
Selon elles, la mission du Conseil électoral ne consiste pas seulement à organiser le scrutin. Elle implique aussi de garantir des conditions favorables à des élections intègres, transparentes, impartiales et crédibles.
À travers leur lettre ouverte, les trois organisations demandent donc au CEP de prendre en compte les préoccupations liées à la sécurité, à la transparence et à la confiance des acteurs politiques.
Pour elles, la réussite des prochaines élections dépendra moins de la rapidité de leur organisation que de la capacité des institutions à garantir une participation libre et sécurisée des citoyens.
Judelor Louis Charles
Vant Bèf Info (VBI)
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