Décret électoral : le CAHDOA réclame une ultime révision pour garantir des élections inclusives en Haïti

À l’approche de l’ouverture de la période d’inscription des candidatures, le Collectif des Acteurs Haïtiens pour le Développement et l’Organisation Alternative (CAHDOA) appelle les autorités à apporter une dernière révision au Décret électoral du 2 juin 2026. Dans une note de presse publiée ce mercredi, l’organisation estime que plusieurs dispositions du texte pourraient compromettre l’égalité des chances entre les candidats et nuire à la crédibilité du processus électoral.

Port-au-Prince, 5 août 2026 .–
Selon le CAHDOA, la réussite de la transition dépend de l’organisation d’élections libres, transparentes et crédibles. Le collectif estime que ce scrutin doit permettre de restaurer la légitimité des institutions républicaines et de favoriser un retour durable à l’ordre constitutionnel.

Dans son analyse, l’organisation demande d’abord une clarification des articles 57, 58 et 59, qu’elle juge ambigus en ce qui concerne le registre électoral. Elle attire également l’attention sur plusieurs dispositions de l’article 153, notamment les alinéas 5, 15, 16, 17, 19 et 26. D’après le collectif, ces exigences sont difficilement compatibles avec les réalités administratives et juridiques du pays.

Le CAHDOA critique notamment l’obligation relative à la contribution foncière sur les propriétés bâties. Il remet aussi en question les délais imposés aux agents publics pour leur mise en disponibilité ainsi que l’exigence de produire cinq déclarations fiscales définitives consécutives.

Selon l’organisation, ces conditions risquent d’exclure de nombreux citoyens pourtant éligibles au regard de la Constitution.

Par ailleurs, le collectif qualifie l’obligation de présenter un certificat médical, prévue à l’alinéa 26 de l’article 153, de mesure « dénuée de tout bon sens ».

Le CAHDOA plaide également pour une modification de l’article 237. Il souhaite que les procès-verbaux de dépouillement soient obligatoirement signés par les mandataires présents. À ses yeux, cette mesure renforcerait la transparence du scrutin et la confiance dans les résultats électoraux.

En conclusion, le collectif appelle les autorités de transition et les acteurs politiques à privilégier une révision consensuelle du décret électoral. Selon lui, cette démarche contribuerait à limiter les risques de contestation, à garantir une compétition plus équitable et à renforcer la confiance de la population dans le processus électoral, alors que le pays poursuit les préparatifs des prochains scrutins.

Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)


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