Chômage des jeunes : l’OIT alerte, l’insécurité aggrave la situation en Haïti

Le chômage des jeunes demeure un problème majeur à l’échelle mondiale. Selon les données de l’Organisation internationale du Travail (OIT), 67 millions de jeunes étaient au chômage en 2025.

Port-au-Prince, 17 août 2026. —Parallèlement, 257 millions de jeunes n’étaient ni scolarisés, ni en emploi, ni en formation. Les jeunes femmes sont particulièrement touchées par cette situation.

Ces chiffres illustrent les difficultés d’accès des jeunes à l’éducation, à la formation et au marché du travail. Pour l’OIT, la création d’emplois décents pour cette catégorie de la population constitue un enjeu social et économique majeur.

En Haïti, l’insécurité complique l’accès à l’éducation

En Haïti, la situation est aggravée par la crise sécuritaire. Le problème est particulièrement marqué dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.

Dans plusieurs quartiers de la capitale et des communes environnantes, des établissements scolaires restent fermés ou fonctionnent difficilement. Les déplacements des élèves, des enseignants et du personnel administratif sont affectés par l’insécurité.

Le coût du transport constitue également un obstacle. Pour certaines familles, envoyer un enfant à l’école représente une dépense importante. Le risque lié aux déplacements s’ajoute à cette difficulté économique.

Cette situation réduit le temps consacré à l’apprentissage. Elle peut aussi compromettre l’acquisition des connaissances et des compétences nécessaires à l’insertion professionnelle.

Un marché du travail également affecté

La crise sécuritaire ne touche pas uniquement le secteur éducatif. Elle perturbe aussi les activités économiques.

Certaines entreprises ont réduit leurs activités. D’autres ont fermé ou déplacé leurs opérations. Les possibilités d’emploi se retrouvent ainsi limitées.

Les jeunes font donc face à un double obstacle. Ils éprouvent des difficultés à poursuivre leur formation et disposent de moins d’opportunités pour intégrer le marché du travail.

Cette situation peut créer un cercle vicieux. L’interruption des études réduit les possibilités d’accéder à une formation qualifiante. Le manque d’emplois peut, de son côté, accentuer la précarité et l’exclusion.

Les jeunes femmes particulièrement exposées

À l’échelle mondiale, les jeunes femmes sont davantage exposées à l’exclusion du marché du travail et de la formation.

Les données de l’OIT montrent une importante présence des femmes parmi les jeunes qui ne sont ni en emploi, ni aux études, ni en formation.

Cette situation souligne les inégalités persistantes dans l’accès à l’éducation, à la formation et à l’emploi.

Sécurité, éducation et emploi : des enjeux liés

En Haïti, la question de l’emploi des jeunes ne peut être dissociée de celles de l’éducation et de la sécurité.

La reprise des activités scolaires dépend notamment de la capacité des élèves et des enseignants à se déplacer dans des conditions acceptables. La relance économique dépend également de la possibilité pour les entreprises et les travailleurs de fonctionner normalement.

Le rétablissement de la sécurité constitue ainsi un enjeu central. La réouverture des établissements fermés, le retour des élèves en classe et l’accès à des emplois décents représentent des défis importants.

Pour la jeunesse haïtienne, l’enjeu dépasse donc les statistiques sur le chômage. Il concerne aussi la possibilité d’étudier, de se former, de travailler et de participer à la vie économique et sociale du pays.

Moïse François
Vant Bèf Info (VBI)


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