Haïti : violences armées et déplacements forcés, les filles face à un avenir incertain
À l’occasion de la Journée internationale des filles, célébrée le 11 octobre, l’UNICEF et l’Institut du Bien-Être social et de Recherches (IBESR) ont réuni une cinquantaine de filles autour de leurs droits et de leur avenir. L’activité a bénéficié du soutien du gouvernement norvégien et de partenaires. Elle s’est déroulée autour du thème : « Investir dans les droits des filles, c’est investir dans leur avenir ».

Port-au-Prince, 16 octobre 2026. Les échanges ont porté sur quatre enjeux majeurs : l’éducation, la santé, la protection contre les violences et la participation aux décisions. Cette initiative intervient alors que l’insécurité continue de fragiliser les conditions de vie de nombreux enfants en Haïti. Les filles vivant dans les zones touchées par les violences armées ou contraintes de fuir leur domicile sont particulièrement exposées à ces difficultés.
Haïti : les violences sexuelles contre les enfants en hausse
Selon l’UNICEF, les cas de violences sexuelles contre les enfants en Haïti ont augmenté de 1 000 % en 2024 par rapport à 2023. Cette hausse témoigne de l’aggravation des risques auxquels les enfants sont confrontés.

Par ailleurs, les déplacements forcés accentuent leur vulnérabilité. Les enfants déplacés risquent notamment d’être victimes de violences sexuelles, d’exploitation et d’abus. Dans les zones contrôlées ou affectées par les groupes armés, ainsi que dans certains sites d’hébergement, l’accès aux services de protection peut s’avérer difficile. Les filles sont particulièrement exposées à ces dangers.
Déplacements forcés : près de 1,5 million de personnes concernées
La crise sécuritaire provoque également des déplacements massifs. Selon la Matrice de suivi des déplacements de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 1 450 254 personnes étaient déplacées à l’intérieur d’Haïti en décembre 2025.
De son côté, l’UNICEF estimait qu’environ 1,5 million de personnes étaient déplacées à la fin de 2025. Près de la moitié étaient des enfants.
Ces déplacements ont de lourdes conséquences sur la vie des filles. Ils peuvent interrompre leur scolarité, limiter leur accès aux soins et les éloigner des services de protection. En outre, la précarité économique des familles peut accroître les risques d’exploitation et de violence. Par conséquent, les besoins en matière de protection deviennent plus importants à mesure que la crise se prolonge.
Fermeture des écoles : l’éducation fortement perturbée
L’insécurité affecte aussi le système éducatif. Selon l’UNICEF, plus de 1 600 écoles ont été signalées fermées pendant l’année scolaire 2024-2025. Ces fermetures ont affecté plus de 240 000 élèves.
Ces chiffres concernent l’ensemble des élèves, filles et garçons. Ils ne permettent donc pas de mesurer précisément les conséquences sur les filles. Toutefois, ils illustrent l’ampleur des perturbations qui touchent le droit à l’éducation en Haïti.
Pour les filles déplacées ou vivant dans les zones affectées par les violences, la poursuite des études demeure un défi majeur. En effet, l’insécurité, les difficultés financières et l’interruption des cours peuvent compromettre leur parcours scolaire. À long terme, ces obstacles risquent également de réduire leurs possibilités de formation et d’emploi.
Protéger les filles et garantir leurs droits
Face à cette situation, le dialogue organisé par l’UNICEF et l’IBESR visait à souligner la nécessité de renforcer la protection des filles. Il mettait également l’accent sur la continuité scolaire, l’accès aux soins de santé et la participation des filles aux décisions qui les concernent.
Cependant, les échanges et les campagnes de sensibilisation ne suffisent pas. La protection des filles exige des mesures concrètes et durables. Il faut notamment prévenir les violences, maintenir l’accès aux services essentiels et soutenir les enfants affectés par les déplacements forcés.
Ainsi, dans un contexte marqué par l’insécurité, la défense des droits des filles constitue un enjeu majeur. Leur protection, leur éducation et leur accès aux soins sont essentiels pour préserver leurs possibilités d’avenir en Haïti.
Moïse François
Vant Bèf Info (VBI)
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