Haïti : les enfants représenteraient jusqu’à 50 % des membres des gangs armés

Les enfants représenteraient entre 30 % et 50 % des membres des groupes armés en Haïti, selon les estimations des Nations unies. Leur recrutement et leur utilisation par les gangs ont fortement augmenté, dans un contexte marqué par les violences, les déplacements forcés, la pauvreté et les difficultés d’accès à l’éducation.

CP: Radio-Canada

Port-au-Prince, 16 septembre 2026. —Dans un rapport publié le 20 février 2026, le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) et le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) indiquent qu’au moins 26 groupes armés opérant en Haïti sont impliqués dans la traite et l’exploitation d’enfants. Parmi eux figurent notamment les gangs 103 Zombies, Village de Dieu, Tokyo et Kraze Baryè.

CP: Radio-Canada

La pauvreté et les déplacements favorisent le recrutement

Les enfants sont particulièrement exposés au recrutement en raison de la précarité économique et de l’insécurité. Les déplacements forcés, la séparation des familles, la faim et l’accès limité à l’éducation aggravent leur vulnérabilité.

Les enfants issus de familles marginalisées, vivant dans la rue ou dans des sites de déplacement figurent parmi les plus exposés. Les groupes armés recourent à des promesses de rémunération, à des avantages matériels, aux menaces et à la violence pour les recruter. Certains enfants sont également attirés par la recherche de protection ou de reconnaissance sociale.

Des enfants utilisés dans plusieurs activités criminelles

Au sein des groupes armés, les enfants peuvent servir de guetteurs, de messagers et d’informateurs. Certains surveillent les déplacements des forces de sécurité ou participent à la collecte des paiements d’extorsion. D’autres sont impliqués dans des affrontements armés, des enlèvements contre rançon et des actes de violence.

Les filles sont particulièrement exposées à l’exploitation sexuelle et aux violences sexuelles. Le rapport de l’ONU décrit différentes formes d’abus auxquelles les enfants recrutés sont confrontés.

Dans un article publié le 20 février 2026, UN News, le média d’information des Nations unies, rapporte qu’un enfant a déclaré gagner jusqu’à 1 000 dollars par semaine au sein d’un groupe armé. Ce témoignage illustre les incitations financières utilisées dans un contexte de pauvreté, mais ne constitue pas une estimation du revenu moyen des enfants recrutés.

L’ONU appelle à renforcer la protection de l’enfance

Face à l’augmentation du recrutement, les Nations unies appellent à renforcer les mécanismes de protection de l’enfance et à prévenir l’exploitation des mineurs par les groupes armés.

Le rétablissement de l’accès à l’éducation figure parmi les mesures préconisées. Les écoles peuvent offrir aux enfants un cadre d’apprentissage et de protection, notamment dans les communautés touchées par les violences.

Les actions recommandées comprennent également le soutien aux familles vulnérables, la mise en place de cantines scolaires, la rénovation des établissements endommagés et la création d’espaces d’apprentissage temporaires. Des aides financières aux familles peuvent aussi contribuer à réduire les facteurs de vulnérabilité.

La réponse à ce phénomène ne peut donc se limiter aux opérations de sécurité. Elle nécessite également des mesures de prévention, de protection et de réinsertion pour les enfants recrutés ou exposés au risque de recrutement.

Christina Juliana Vilmé
Vant Bèf Info (VBI)


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