Haïti : des migrants haïtiens passent plus de 13 heures menottés avant leur arrivée au Cap-Haïtien

Un vol de déportation transportant des migrants haïtiens depuis les États-Unis est arrivé au Cap-Haïtien, jeudi 10 septembre, après plusieurs heures de retard, suscitant des préoccupations autour des conditions de transfert des personnes déportées.

CAP-HAÏTIEN, 10 septembre 2026 —Le vol, parti d’Alexandria, en Louisiane, vers 7 heures du matin, a transité par Miami, en Floride, avant de prendre la direction du Cap-Haïtien. En raison d’un retard et d’un changement d’appareil, l’avion aurait finalement quitté la Floride vers 17 h 15 pour atterrir en Haïti à 19 h 01.

Selon des informations rapportées par le Miami Herald, les migrants étaient déjà enchaînés depuis environ 4 heures du matin, au moment où les autorités américaines étaient venues les chercher. Ils auraient ainsi passé plus de 13 heures avec des chaînes aux pieds avant leur arrivée en Haïti.

Cette importante prolongation du voyage a également perturbé la prise en charge des migrants par l’Office national de la migration (ONM). L’organisme haïtien indique que ses équipes présentes à l’aéroport travaillent normalement jusqu’à 16 heures, ce qui complique considérablement l’accueil de personnes arrivant en dehors des horaires prévus.
« La dernière heure à laquelle nous recevons les avions est 13 heures ou 14 heures, parce que nous avons besoin de deux à trois heures pour assister les migrants qui arrivent », a expliqué Jean Négot Bonheur, responsable de l’ONM, cité dans le contexte de cette arrivée tardive.

À leur arrivée au Cap-Haïtien, les migrants ont par ailleurs dû faire face à de fortes pluies qui s’abattaient sur la ville, rendant davantage difficiles les opérations d’accueil et de prise en charge.

D’après les informations de la plateforme ICE Flight Monitor, le groupe comprenait notamment des enfants, ainsi que des nourrissons, dont certains auraient été âgés de seulement quelques jours.
Cette arrivée tardive soulève ainsi des interrogations sur la planification des vols de déportation et sur les conditions dans lesquelles les personnes expulsées sont transportées et accueillies à leur arrivée en Haïti.

Si, pendant longtemps, les États-Unis ont été présentés comme un pays attaché au respect des droits de la personne, la deuxième présidence de Trump pousse aujourd’hui à remettre sérieusement en question ce statut, que plusieurs considèrent désormais comme appartenant davantage au passé qu’au présent.

Judelor Louis Charles
Vant Bèf Info(VBI)


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