Raphinha : le vrai ou le faux 9 ?

Alors que le Barça s’obstinait à trouver un numéro 9 capable de prendre la succession de Robert Lewandowski, le club catalan avait alors jeté son dévolu sur Julián Álvarez leur priorité. L’attaquant argentin, qui avait publiquement exprimé son envie de quitter l’Atlético et dont la préférence allait au FC Barcelone, semblait être la solution idéale .


Mais, le club madrilène n’a jamais voulu le céder à un concurrent direct. L’Atlético a même fermé catégoriquement la porte aux négociations avec le Barça.
Un refus qui rappelle forcément le feuilleton Antoine Griezmann. En 2019, le Barça avait finalement recruté l’attaquant français en payant sa clause libératoire de 120 millions d’euros, dans un transfert qui avait profondément tendu les relations entre les deux clubs. Cette fois, l’histoire n’a pas connu le même dénouement.

Après avoir exploré d’autres pistes, notamment Lautaro Martínez, le Barça a finalement dû changer de stratégie. Et Hansi Flick a peut-être trouvé sa réponse… à l’intérieur même de son effectif : Raphinha !

L’ancien ailier est désormais installé dans un rôle de véritable numéro 9. Et pour l’instant, le pari est spectaculaire. En quatre journées de Liga, le Brésilien avait déjà inscrit six buts et délivré une passe décisive, affichant une moyenne de 1,50 but par match. Puis est venue la Ligue des champions. Face à Feyenoord, Raphinha a encore frappé : deux buts, aux 3e et 57e minutes, dans la victoire 5-1 du Barça. Élu Player of the Match par l’UEFA, il a joué 71 minutes, cadré deux de ses trois tirs et créé quatre occasions.
Le chiffre est désormais particulièrement parlant : huit buts en cinq matches officiels depuis le début de la saison, dont trois doublés. Et surtout, le Brésilien semble avoir trouvé dans ce rôle de 9 un espace qui correspond parfaitement à ses qualités : appels dans la profondeur, mobilité, agressivité, capacité à attaquer la surface et qualité de finition. Contre Feyenoord, son premier but résume presque cette nouvelle identité : il part du côté gauche, se recentre, élimine deux défenseurs et termine du pied gauche. Le deuxième, lui, est celui d’un avant-centre : appel dans la profondeur, lecture de la passe de Pedri et sang-froid devant le gardien. Le Raphinha ailier n’a donc pas disparu ; il semble simplement avoir appris à l’utiliser depuis l’axe.

Et si cette transformation était finalement la meilleure réponse du Barça à l’échec du dossier Julián Álvarez ? Flick n’a peut-être pas trouvé un nouveau Lewandowski. Il a trouvé quelque chose de différent : un 9 mobile, capable de sortir de sa zone, de participer à la construction et de menacer constamment la profondeur. Raphinha n’est peut-être pas le numéro 9 classique que le Barça recherchait, mais il pourrait être celui dont son système avait besoin.

Il y a également une dimension symbolique dans cette renaissance. En 2025, Raphinha avait terminé 5e du Ballon d’Or, derrière Ousmane Dembélé, Lamine Yamal, Vitinha et Mohamed Salah. Il avait donc déjà été reconnu parmi les meilleurs joueurs du monde, mais l’ombre de Lamine Yamal et la victoire de Dembélé avaient quelque peu éclipsé sa saison. Aujourd’hui, alors que Raphinha porte même le brassard de capitaine du Barça, il semble décidé à reprendre la lumière.
Alors, vrai ou faux 9 ? Pour l’instant, la réponse est presque secondaire. Les buts parlent. Les performances aussi. Et si Raphinha maintient cette cadence, porte le Barça vers la Liga et surtout vers un nouveau sacre en Ligue des champions, son nom pourrait rapidement revenir dans la conversation pour le Ballon d’Or. Car dans cette course, il ne suffit pas d’être brillant : il faut être décisif dans les grands rendez-vous et soulever des trophées.

Raphinha vient peut-être de commencer une nouvelle histoire. Et cette fois, elle pourrait le conduire beaucoup plus haut que prévu.
Jean Calix Lestius


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