Pourquoi les étudiants en médecine demandent-ils la relocalisation de l’Hôpital Général ?

Les étudiants de la Faculté de Médecine et de Pharmacie de l’Université d’État d’Haïti (FMP/EBMO-UEH) demandent la relocalisation des services de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH), communément appelé Hôpital Général.

Port-au-Prince, le 1er juillet 2026.- Depuis les attaques coordonnées de groupes armés du 29 février 2024, le centre-ville de Port-au-Prince, où se trouve l’établissement, reste largement paralysé. Les étudiants estiment que la réouverture de l’hôpital dans cette zone demeure impossible sans garanties sécuritaires.

Ils réclament donc l’installation des services hospitaliers dans un espace sécurisé afin de permettre la reprise normale de la formation médicale.

Trois mobilisations pour alerter les autorités

Les étudiants ont lancé plusieurs mouvements de protestation pour faire entendre leurs revendications.

La première mobilisation publique a eu lieu le 18 mars 2026. Les manifestants sont partis du Rectorat de l’Université d’État d’Haïti pour se rendre devant la Primature.

Le 22 juin 2026, ils ont organisé une deuxième marche devant la résidence officielle du Premier ministre à Musseau. La manifestation a été dispersée par la Police nationale d’Haïti (PNH) à l’aide de gaz lacrymogènes, selon les étudiants.

Le 1er juillet 2026, une troisième marche pacifique sur la route de Bourdon a été marquée par un nouvel incident. Un étudiant a été blessé par balle au bras, provoquant une vague d’indignation dans le milieu médical et universitaire.

Une formation médicale sans pratique hospitalière

Pour les étudiants, la fermeture prolongée de l’Hôpital Général menace leur formation.

Ils rappellent que la médecine ne s’apprend pas uniquement dans les amphithéâtres. Les stages cliniques, le contact avec les patients et la pratique hospitalière sont indispensables pour former des médecins compétents.

Sur les ondes d’AlterRadio, des représentants étudiants ont dénoncé une situation devenue « insoutenable ». Selon eux, les cours théoriques s’accumulent sans véritable expérience pratique.

Des inquiétudes sur la valeur des diplômes

Le Conseil des étudiants, dirigé par Esdras Paul, refuse toute validation de cursus jugée insuffisante.

Les étudiants estiment qu’une formation complète en chirurgie, pédiatrie ou gynécologie nécessite un environnement hospitalier fonctionnel. Ils craignent que l’absence prolongée de stages pratiques affecte la qualité des diplômes délivrés par l’UEH et leur reconnaissance internationale.

Une solution proposée par les étudiants

Les protestataires appellent l’État à agir rapidement. Ils proposent l’utilisation de locaux hospitaliers disponibles ou sous-exploités pour accueillir temporairement les services de l’Hôpital Général.

Ils citent notamment l’Hôpital de la Communauté Haïtienne à Frères comme une piste possible.

Pour les étudiants, attendre une réouverture incertaine au centre-ville représente un risque pour l’avenir de la formation médicale en Haïti. Ils estiment que la situation pourrait accélérer davantage la fuite des jeunes professionnels de santé vers l’étranger.

Israël Dalton
Vant Bèf Info (VBI)


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