Diffamation : la justice québécoise donne raison à Windy Phele et condamne John Colem Morvan
La Cour supérieure du Québec a rendu, le 26 juin 2026, un jugement en faveur du journaliste et juriste haïtien Windy Phele dans une affaire de diffamation liée à des publications diffusées sur Facebook et YouTube. La décision met un terme à un litige opposant M. Phele au créateur de contenu John Colem Morvan.

Montréal, le 1er juillet 2026. Selon le jugement, John Colem Morvan a publié à plusieurs reprises des allégations accusant Windy Phele de corruption et de détournement de fonds publics sous l’administration de l’ancien président haïtien Jovenel Moïse. Les publications faisaient notamment référence à la construction d’une maison familiale à Thomonde.

Le juge Sylvain Lussier conclut que ces accusations n’étaient étayées par aucune preuve suffisante. La Cour reproche également au défendeur de ne pas avoir vérifié les informations avant leur diffusion, malgré la gravité des allégations.
Le tribunal souligne que les contenus, largement relayés sur les réseaux sociaux, ont été vus par des dizaines de milliers de personnes. Cette diffusion a provoqué des réactions hostiles et des messages menaçants visant Windy Phele ainsi que des membres de sa famille vivant en Haïti.
Dans sa décision, la Cour estime que les propos dépassaient le cadre d’un débat politique légitime et constituaient une atteinte à la réputation du demandeur. Le juge rappelle que la liberté d’expression ne protège pas la diffusion d’accusations non fondées et que la notoriété d’une personne ne justifie pas des propos diffamatoires.
La Cour condamne John Colem Morvan à verser 30 000 dollars en dommages moraux et 15 000 dollars en dommages punitifs. La société Bravo à la Jeunesse Inc. est également condamnée à payer solidairement 15 000 dollars en dommages moraux ainsi que 1 000 dollars en dommages punitifs. Le montant total de la condamnation s’élève à 46 000 dollars, auxquels s’ajoutent les intérêts et les frais judiciaires.
Le jugement ordonne également le retrait des contenus jugés diffamatoires, interdit toute nouvelle diffusion de propos similaires et exige la publication d’extraits de la décision en français et en créole haïtien sur les plateformes des défendeurs.
Cette décision rappelle que les auteurs de contenus publiés sur les réseaux sociaux demeurent responsables des informations qu’ils diffusent. Elle souligne également que la liberté d’expression doit s’exercer dans le respect des droits à la réputation et à la dignité des personnes.
Emmanuel Joseph
Vant Bèf Info (VBI)
Discover more from Vant Bèf Info (VBI)
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
