Chine : 12 000 formations universitaires supprimées pour accélérer le développement de l’IA

La Chine mène l’une des plus importantes réformes de son enseignement supérieur. Entre 2021 et 2025, les universités du pays ont supprimé ou suspendu 12 200 programmes de licence et créé 10 200 nouveaux cursus. Ces formations sont principalement axées sur l’intelligence artificielle (IA), la robotique, les semi-conducteurs et les technologies de pointe.

Pékin, le 1er juillet 2026.- Cette restructuration concerne plus de 30 % de l’offre nationale de formation. Elle vise à adapter les universités aux besoins de l’économie chinoise.

12 200 programmes, pas 12 200 disciplines

Contrairement à certaines publications sur les réseaux sociaux, la Chine n’a pas supprimé 12 200 disciplines différentes. Le chiffre correspond au nombre de programmes universitaires fermés ou suspendus.

Un même cursus peut exister dans plusieurs universités. Chaque fermeture est donc comptabilisée séparément dans les statistiques nationales.

Répondre aux besoins du marché du travail

Pékin veut réduire l’écart entre les formations universitaires et les besoins des entreprises.

La réforme intervient alors que le chômage des jeunes diplômés reste élevé. Dans le même temps, les entreprises technologiques recherchent davantage d’ingénieurs, de spécialistes de l’IA et d’experts en semi-conducteurs.

Les autorités souhaitent orienter les étudiants vers les secteurs jugés stratégiques pour le développement économique du pays.

Les sciences humaines sont maintenues

La réforme ne supprime pas les sciences humaines.

Des programmes en marketing, administration, photographie, design, animation ou traduction ont été retirés dans certaines universités en raison de faibles débouchés. Cependant, ces formations restent proposées dans d’autres établissements ou ont été modernisées.

L’objectif est de réduire les cursus les moins demandés, et non d’abandonner ces disciplines.

L’intelligence artificielle devient une priorité

Les nouveaux programmes concernent notamment l’intelligence artificielle, l’apprentissage automatique, la science des données, la robotique, les robots humanoïdes, les semi-conducteurs et la fabrication intelligente.

Cette stratégie s’inscrit dans la volonté de la Chine de renforcer son autonomie technologique et sa compétitivité mondiale.

Une réforme suivie à l’international

La transformation du système universitaire chinois est observée par de nombreux pays.

Alors que plusieurs universités dans le monde intègrent progressivement l’IA à leurs cursus, la Chine a choisi une restructuration rapide et centralisée.

Des spécialistes estiment que cette stratégie pourrait mieux répondre aux besoins de l’industrie. Ils soulignent toutefois qu’une spécialisation excessive pourrait créer de nouveaux déséquilibres si le marché de l’emploi évolue ou si l’IA automatise davantage de métiers.

Cette réforme marque un changement de cap. En Chine, l’université est désormais présentée comme un outil au service des priorités économiques, industrielles et technologiques du pays.

Deslande Aristilde
Vant Bèf Info (VBI)


Discover more from Vant Bèf Info (VBI)

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *