Haïti : le MPARE appelle à un dialogue national inclusif et critique le bilan de la transition

Le Mouvement Patriotique du Renouveau (MPARE) estime que les autorités de transition n’ont pas atteint les objectifs qui leur avaient été assignés. Dans une déclaration accordée à Vant Bèf Info ce mercredi 1er juillet 2026, la secrétaire générale du parti, Valérie Nadia Victor, a dressé un bilan critique de la gouvernance actuelle et appelé à l’ouverture d’un dialogue inter-haïtien inclusif pour tenter de sortir le pays de la crise.

Port-au-Prince, le 1er juillet 2026. Le MPARE juge le bilan de la transition politique largement insuffisant. Le parti rappelle que le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé avait été désigné par le Conseil présidentiel de transition (CPT) avec pour mission de rétablir la sécurité, de favoriser un dialogue national, de conduire une réforme constitutionnelle et de créer les conditions nécessaires à l’organisation d’élections libres, crédibles et démocratiques.

Selon le mouvement, plus de vingt mois après le début de la transition et six mois après l’installation du gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé, ces objectifs restent inachevés. Le MPARE affirme que les crises sécuritaire, institutionnelle, économique et sociale se sont, au contraire, aggravées.

Le parti critique également la gouvernance des autorités de transition. Il estime que la gestion des ressources publiques manque de transparence dans un contexte marqué par une grave crise humanitaire. Il déplore aussi le silence d’une partie de la classe politique et des élites face à la détérioration de la situation nationale.

Le mouvement souligne que plusieurs quartiers de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince ainsi que des axes routiers stratégiques demeurent sous le contrôle de groupes armés. Selon lui, cette situation continue d’entraîner des pertes en vies humaines, des blessés et d’importants déplacements de population.

Le MPARE évoque également la décision des autorités américaines de mettre fin au programme de Temporary Protected Status (TPS). Le parti estime qu’une action diplomatique plus soutenue aurait dû être engagée afin de défendre les intérêts des ressortissants haïtiens concernés.

Des inquiétudes sur le processus électoral

Le MPARE exprime aussi ses préoccupations concernant l’organisation des prochaines élections. Le parti affirme que les controverses entourant le fonctionnement du Conseil électoral provisoire (CEP), les interférences politiques dénoncées et l’insécurité persistante compromettent la crédibilité du processus électoral.

Dans ce contexte, le mouvement considère que la tenue d’élections libres, inclusives et crédibles dans les délais annoncés paraît difficile.

Un appel à un dialogue inter-haïtien

Au regard de ce bilan, le MPARE estime que le gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé n’a pas rempli les missions qui lui avaient été confiées. Le parti appelle les formations politiques, les organisations de la société civile, le secteur privé, les jeunes, la diaspora, les responsables religieux, les universitaires et les autres forces vives du pays à engager, sans délai, un dialogue inter-haïtien inclusif.

Selon le mouvement, cette démarche constitue une étape essentielle pour préserver les institutions nationales et favoriser une sortie durable de la crise multidimensionnelle que traverse Haïti.

Christina Juliana Vilmé
Vant Bèf Info (VBI)


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