Pourquoi la PNH et l’armée ne travaillent pas de concert, l’un pour opérer et l’autre pour consolider ?

La mort de trois policiers et d’un brigadier dans l’Artibonite, le 29 mai dernier, relance le débat sur la coordination entre la Police Nationale d’Haïti (PNH) et les Forces Armées d’Haïti (FAd’H). Pendant que les interventions policières se multiplient contre les groupes armés, plusieurs personnes s’interrogent sur l’absence d’un mécanisme de consolidation des zones reprises.

Port-au-Prince, le 1er juin 2026.-

En effet, les événements survenus dans l’Artibonite ont coûté la vie à trois policiers et à un brigadier. Ces pertes s’ajoutent à une longue liste de victimes enregistrées dans les rangs des forces de sécurité.

Parmi ces cas, un policier de l’UDMO tué en janvier 2018, l’agent de l’UTAG Félix Élysée, 20 août 2022, six policiers de l’UDMO, le 25 janvier 2023, quatre autres, le 22 juillet 2025 et plus récemment, un policier du BIM, un agent de l’UTAG et un membre de la BRI, le 29 mai dernier.

La PNH mène régulièrement des interventions contre les groupes armés. Ces actions permettent souvent de reprendre temporairement le contrôle de certaines zones. Cependant, une intervention ne produit pas automatiquement une présence permanente sur le terrain.

Dans plusieurs cas, des groupes armés réapparaissent après le départ des unités engagées. Des représailles sont souvent signalées contre les habitants, après leur retour. Cette situation alimente les débats sur la nécessité d’une consolidation des espaces reconquis.

Quel rôle pour les Forces armées d’Haïti ?

La question du rôle des FAd’H revient régulièrement dans les discussions sur la sécurité nationale. Nombreux sont ceux qui estiment qu’une meilleure coordination entre militaires et policiers renforceront les acquis obtenus lors des interventions.

Toutefois, les opérations conjointes entre les deux institutions sont peu visibles ces dernières années. Comme exemple, les secteurs autour de l’avenue N et de l’avenue Christophe. On cite, l’INAGHEI et l’UNITECH, parmi les espaces régulièrement récupérés.

Cette réalité nourrit les interrogations sur l’utilisation des ressources disponibles. Selon cette lecture, une présence sécuritaire contribuerait à maintenir le contrôle de ces secteurs. Les partisans de cette approche estiment que ce modèle pourrait être reproduit ailleurs.

En conclusion, la question dépasse la seule capacité d’intervention. Elle porte sur la consolidation des territoires repris et sur la complémentarité entre la PNH et les FAd’H. Pour plusieurs observateurs, la sécurité dépend autant de la reconquête des zones que de leur maintien sous contrôle de l’État.

Belly-Dave Bélizaire
Vant Bèf Info (VBI)


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