Haïti : l’UPEPH alerte sur l’état critique des écoles publiques

L’Organisation des Parents d’Élèves Progressistes d’Haïti (UPEPH) tire la sonnette d’alarme sur la dégradation des écoles publiques à travers le pays. Dans un rapport publié à l’issue d’une enquête menée entre juin 2025 et mars 2026, l’organisation affirme que des centaines d’établissements nécessitent une reconstruction urgente ou d’importants travaux de réhabilitation.

Port-au-Prince, le 29 mai 2026. Selon le rapport, plusieurs écoles nationales fonctionnent dans des conditions extrêmement précaires. Certaines sont installées dans des églises, des maisons abandonnées ou sous des hangars de fortune. D’autres, détruites lors du séisme du 12 janvier 2010 ou par le cyclone Melissa en octobre 2025, n’ont jamais été reconstruites.

Dans l’arrondissement de La Gonâve, le Lycée National d’Anse-à-Galets, détruit lors du séisme de 2010, continue de fonctionner dans un bâtiment endommagé. L’établissement manque de bancs et les responsables ont dû emprunter du mobilier afin de permettre aux élèves de passer les examens de fin d’année.

Toujours à La Gonâve, l’École Nationale Fléo Gaspard a été expulsée du local qu’elle occupait après plusieurs années d’impayés. Les cours se déroulent désormais dans une vieille maison aménagée de manière précaire.

Dans le département du Sud, l’École Nationale Martinette, située à Roche-à-Bateau, fonctionnait sous une bâche après le séisme de 2010 avant d’être totalement détruite par le cyclone Melissa. Les élèves ont finalement abandonné les lieux.

L’UPEPH cite également le cas de l’École Nationale Pointe Latanier, qui fonctionne dans une église protestante sans enseignant officiellement nommé par le ministère de l’Éducation nationale.

Plusieurs départements fortement touchés

Le rapport présente une situation particulièrement préoccupante dans plusieurs régions du pays. Dans le Sud-Est, plus de 60 écoles nationales nécessitent une reconstruction urgente. La Grand’Anse figure également parmi les départements les plus affectés après le passage du cyclone Melissa.

L’enquête souligne aussi le manque d’investissements publics dans le secteur éducatif. Plusieurs bâtiments scolaires restent abandonnés depuis des années, malgré la présence d’élèves et d’enseignants qui continuent d’y travailler dans des conditions difficiles.

L’UPEPH appelle les autorités à prendre des mesures immédiates pour reconstruire les écoles détruites et améliorer les conditions d’apprentissage des élèves. L’organisation rappelle que l’éducation demeure un pilier essentiel du développement national.

Elle estime que des milliers d’enfants risquent de voir leur avenir compromis en l’absence d’une intervention rapide dans les zones concernées.

L’UPEPH précise enfin que son enquête ne couvre pas l’ensemble des écoles publiques en difficulté, en raison de l’insécurité et du mauvais état des routes dans plusieurs communes.

Jean Allens Macajoux
Vant Bèf Info (VBI)


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