Haïti – Crise : l’IDA plaide pour un consensus afin d’y faire face
Le parti politique Inisyativ pou Devlope Ayiti (IDA) dresse un tableau sombre de la situation nationale. Sécurité dégradée, économie paralysée et tensions politiques autour d’un document assimilé au décret électoral révisé par l’Exécutif alimentent les préoccupations liées aux prochains scrutins dans le pays, fait remarquer la formation politique dans une note de conjoncture datée du 28 mai 2026.

Port-au-Prince, le 28 mai 2026.-
L’Inisyativ pou Devlope Ayiti (IDA) affirme que la situation actuelle du pays continue de se détériorer, malgré les promesses de stabilisation des autorités et le soutien des partenaires internationaux.
Sur le plan sécuritaire, le parti dénonce la persistance de l’emprise des groupes armés sur plusieurs zones stratégiques. Les routes nationales RN1, RN2 et RN3 seraient toujours sous contrôle de gangs, avec des systèmes de péages illégaux qui paralysent les échanges économiques. L’organisation évoque également la délocalisation de plusieurs institutions publiques, contraintes de quitter le centre de Port-au-Prince, notamment le Champ-de-Mars et le Bicentenaire.
Le bilan humain est jugé particulièrement lourd, avec des violences répétées dans plusieurs régions du pays, notamment à la Croix-des-Bouquets, à Cité Soleil, dans l’Artibonite et dans le Centre. Ces violences auraient provoqué de nouveaux déplacements massifs de population, selon des estimations citées par l’IDA.
Sur le plan économique, la note évoque une véritable crise humanitaire. L’arrêt des activités productives, la fuite des investisseurs et la baisse des transferts de la diaspora accentueraient une situation déjà fragile. Le parti parle d’une inflation persistante et d’un chômage en hausse, ainsi que d’une contraction du PIB estimée entre -2 % et -4 %.
Au niveau politique, l’IDA critique le projet de décret électoral du gouvernement, qu’il juge défavorable à l’indépendance des institutions électorales. Le mouvement pointe notamment la subordination potentielle du Conseil électoral provisoire (CEP) à l’Exécutif et des conditions d’éligibilité jugées restrictives pour les partis politiques.
Face à cette situation, l’IDA appelle à une concertation nationale inclusive afin de parvenir à un consensus politique durable. Selon l’organisation, seule une entente entre les forces vives du pays et la communauté internationale pourrait permettre l’organisation d’élections crédibles et ouvrir la voie à une véritable stabilité démocratique en Haïti.
Jean Allens Macajoux
Vant Bèf Info (VBI)
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