Précarité menstruelle en Haïti : des milliers de jeunes filles confrontées à l’indifférence
En Haïti, l’hygiène menstruelle demeure une problématique largement négligée, malgré les difficultés auxquelles sont confrontées chaque jour des milliers de femmes et de jeunes filles. Entre précarité économique, manque d’éducation menstruelle et absence d’infrastructures adaptées, les menstruations représentent encore une épreuve silencieuse pour une partie de la population féminine.

Port-au-Prince, le 28 mai 2026. Dans plusieurs quartiers populaires, zones rurales et sites accueillant des personnes déplacées, l’accès aux serviettes hygiéniques reste extrêmement limité. Le coût élevé des produits menstruels pousse de nombreuses adolescentes à utiliser des morceaux de tissu, du papier ou d’autres alternatives non hygiéniques, augmentant ainsi les risques d’infections et de complications sanitaires.
La situation demeure particulièrement préoccupante dans certaines écoles et institutions publiques. De nombreux établissements ne disposent ni de toilettes adaptées, ni d’eau potable, ni de dispositifs d’urgence pour les élèves en période menstruelle. Par crainte des fuites, des moqueries ou de l’humiliation, certaines adolescentes préfèrent s’absenter des cours.
Dans les centres d’accueil et les camps de déplacés, l’absence de kits d’hygiène menstruelle expose également les femmes et les jeunes filles à des conditions de vie difficiles. Plusieurs organisations de défense des droits des femmes dénoncent un manque de prise en compte d’un besoin essentiel lié à la santé et à la dignité humaine.
Au-delà des difficultés matérielles, les tabous autour des menstruations persistent dans la société haïtienne. De nombreuses jeunes filles grandissent sans véritable éducation menstruelle, favorisant les préjugés, la honte et les discriminations.
Face à cette réalité, des organisations communautaires et féministes multiplient les campagnes de sensibilisation et les distributions de produits hygiéniques aux femmes vulnérables. Toutefois, les besoins demeurent considérables et nécessitent des politiques publiques durables en matière de santé menstruelle.
Plusieurs acteurs sociaux estiment que l’accès aux serviettes hygiéniques dans les écoles, les centres d’hébergement et les institutions publiques devrait constituer une priorité sanitaire et sociale. Ils rappellent que l’hygiène menstruelle relève d’un droit fondamental à la santé, à l’éducation et à la dignité.
Dans un contexte marqué par des crises sociales et humanitaires persistantes, de nombreuses jeunes filles continuent d’affronter seules une précarité menstruelle souvent invisible, mais aux conséquences importantes sur leur bien-être et leur parcours scolaire.
Came Stefada Poulard
Vant Bèf Info (VBI)
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