L’insécurité frappe durement les journalistes haïtiens

Les journalistes haïtiens paient eux aussi le prix de l’insécurité qui ravage le pays. Entre déplacements forcés, pertes matérielles et menaces permanentes, plusieurs professionnels de la presse vivent aujourd’hui dans des conditions extrêmement précaires.

Port-au-Prince, le 13 mai 2026.-
En Haïti, couvrir l’actualité devient un exercice de plus en plus dangereux. Reporters, cameramen et photographes interviennent souvent dans des zones contrôlées par des groupes armés, au péril de leur vie.

Derrière chaque reportage et chaque image diffusée, de nombreux travailleurs de la presse affrontent une réalité marquée par la peur, les déplacements forcés et la perte de leurs biens.

Joseph Michaud, un journaliste déplacé par les violences armées

Joseph Michaud, caméraman à la Télévision Nationale d’Haïti (TNH) depuis plus de dix ans, fait partie des victimes de cette crise sécuritaire.

Originaire de Sarthe, dans la Plaine du Cul-de-Sac, il a fui sa maison avec sa famille à cause des affrontements entre groupes armés. Comme des milliers d’autres habitants, il a trouvé refuge près de l’antenne de police de Trois-Mains, sur la route de l’aéroport.

Sa femme et ses quatre enfants sont actuellement hébergés chez des proches à Shadda. Lui vit dans des conditions précaires, après avoir abandonné plusieurs propriétés, dont une résidence de sept pièces.

Malgré cette situation, Joseph Michaud continue de couvrir la crise des déplacés afin d’informer la population.

Au moment de la rédaction de cet article, il n’a pas répondu aux appels téléphoniques. Il a toutefois transmis une note vocale exprimant son inquiétude.

« Ma femme, mes enfants et plusieurs autres personnes sont piégés dans des maisons à Shadda lors d’une opération menée par la Police dans la zone », a-t-il déclaré.

Un métier de plus en plus dangereux en Haïti

Le métier de journaliste devient chaque jour plus risqué en Haïti. Les professionnels de la presse doivent protéger leur famille tout en continuant à informer la population.

Le cas de Joseph Michaud n’est pas isolé. Plusieurs journalistes vivant à Carrefour-Feuilles, Solino, Croix-des-Bouquets ou au centre-ville de Port-au-Prince ont également été victimes de l’insécurité.

Des médias ont aussi subi d’importants dégâts ces dernières années. Des locaux de stations comme RTVC, Méga Star et Storm TV ont été attaqués ou détruits par des groupes armés.

Derrière chaque article, chaque photo et chaque vidéo diffusés au public, se cachent souvent des drames humains, des sacrifices et des pertes causés par la violence armée en Haïti.

Pierre Daniel Lamartinière
Vant Bèf Info (VBI)


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