La faculté des sages-femmes en crise : des étudiantes dénoncent des dérives administratives et une hausse excessive des frais

Plusieurs étudiantes de la faculté des sages-femmes tirent la sonnette d’alarme face à la dégradation des conditions d’étude, à l’augmentation des frais et à l’absence de leadership au sein de l’institution. La tension monte au sein de cette entité de l’Université d’État d’Haïti, où des étudiantes dénoncent une crise profonde affectant leur formation.

Port-au-Prince, le 1er mai 2026. À travers des témoignages recueillis sous couvert d’anonymat, par crainte de représailles, les plaignants appellent à une intervention urgente des autorités académiques.

L’un d’eux évoque une dégradation progressive de la qualité de l’enseignement dans une institution autrefois reconnue comme une référence.

« Il y a un sérieux problème de gestion. Les cours ne sont pas stables et une formation censée durer quatre ans peut durer jusqu’à huit ans », explique une étudiante, pointant une désorganisation chronique.

Une autre met en lumière une augmentation jugée excessive des frais académiques.

« Avant, on payait environ 7 750 gourdes par an. Aujourd’hui, les nouveaux étudiants doivent verser 10 000 gourdes de frais annuels, sans compter 7 500 gourdes pour l’uniforme de stage et d’autres frais supplémentaires », déplore-t-elle.

Selon elle, cette situation rend l’accès à la formation de plus en plus difficile, notamment pour les étudiants issus de milieux modestes.

Les conditions d’apprentissage sont également pointées du doigt

Une troisième étudiante décrit des locaux inadaptés et précaires : « Nous louons des espaces pour suivre les cours, mais ce ne sont pas des endroits appropriés, même pour quelques heures. Les salles sont en mauvais état et rien n’est fait pour améliorer la situation. »

Elle évoque aussi un manque d’encadrement et d’attention de la part de l’administration.

Une autre voix s’élève pour dénoncer l’absence prolongée du doyen de la faculté.

« Cela fait plus d’un an que nous avons appris que la doyenne de la faculté, Denis Daudier Nadège, est absente , certaines d’entre elles parlent même du fait qu’elle ne se trouve plus en Haïti. Pendant ce temps, la situation continue de se détériorer et personne ne semble prendre de décisions concrètes », affirme-t-elle, soulignant un vide institutionnel préoccupant.

Les étudiantes dénoncent également la pression exercée sur les nouveaux admis.

« Ceux qui viennent d’intégrer la faculté ont jusqu’au 11 mai pour payer plus de 10 500 gourdes, sinon ils seront remplacés. Pourtant, nous avons tous réussi un concours pour entrer ici », rappelle une autre intervenante, qualifiant cette pratique d’injuste et d’arbitraire.

Dans ce contexte, il convient de rappeler que ces étudiantes sont appelées à intégrer un système de santé déjà confronté à un manque criant de personnel qualifié, où la mortalité maternelle demeure élevée.

La qualité de leur formation représente ainsi un enjeu majeur de santé publique

Face à cette situation, elles lancent un appel direct au rectorat de l’Université d’État d’Haïti afin de rétablir l’ordre au sein de l’institution et de garantir des conditions d’apprentissage dignes, conformes aux standards académiques.

Entre hausse des frais, désorganisation académique et absence de leadership, la Faculté des sages-femmes traverse une crise qui, selon les étudiantes, nécessite des mesures urgentes pour éviter un effondrement aux conséquences potentiellement dramatiques pour le système de santé haïtien.

Moïse François

Vant Bèf Info (VBI)


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