Jardin botanique des Cayes : entre rumeurs et réalité, le directeur départemental de l’Environnement du Sud clarifie la situation
Une vive inquiétude a gagné l’opinion publique ces derniers jours, à la suite d’informations relayées autour d’un supposé incendie ayant ravagé le Jardin botanique des Cayes. Face à l’ampleur de la rumeur, le directeur départemental de l’Environnement du Sud, Jean-Marc Chérisier, est monté au créneau pour apporter un démenti formel.

Les Cayes, 25 avril 2026 — Depuis environ deux jours, la direction du Jardin botanique des Cayes a annoncé que l’espace restera fermé, y compris à l’occasion du 1er mai 2026, une date pourtant traditionnellement marquée par une forte affluence.
Dans une note, les responsables ont informé les élèves, parents, institutions scolaires et universitaires, ainsi que le grand public, de leur incapacité à accueillir des visiteurs cette année, une première depuis plus de 20 ans.
Selon cette note, le jardin est fermé depuis plus de huit mois en raison de dégradations importantes. Les responsables évoquent notamment la destruction d’une grande partie de la collection de plantes natives et endémiques, transformées en charbon de bois.
Le jardin écologique aurait été en grande partie anéanti : certaines zones auraient été coupées, brûlées, voire converties en plantations de bananes.
Une situation qualifiée de « douleur profonde » pour ce site considéré comme un espace scientifique, éducatif et patrimonial majeur.
Cependant, ces déclarations ont rapidement alimenté des interprétations faisant état d’un incendie généralisé du site. Une version que rejette catégoriquement le directeur départemental de l’Environnement du Sud, Jean-Marc Chérisier.
« J’insiste : les images publiées ne reflètent pas leur véritable contexte. Le Jardin botanique des Cayes n’a pas été incendié », a-t-il déclaré.
Selon lui, les faits remontent à une période comprise entre décembre 2025 et janvier 2026, durant laquelle une partie du terrain aurait été utilisée par la famille Paloma, héritière de l’habitation, pour la production de charbon de bois.
Le responsable reconnaît qu’il s’agit d’une pratique préoccupante, qu’il dénonce fermement. Il précise toutefois qu’il ne s’agit ni d’un incendie volontaire ni d’un accident ayant ravagé l’ensemble du jardin, mais d’un usage localisé ayant causé des dégâts partiels.
Par ailleurs, M. Chérisier indique que des démarches sont déjà en cours afin de trouver une solution concertée entre les gestionnaires du Jardin botanique des Cayes et la famille concernée.
« En tant que directeur départemental, je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour parvenir à une entente et protéger ce poumon environnemental », a-t-il assuré.
Malgré la gravité de la situation, les responsables du jardin gardent espoir. Ils réaffirment leur engagement à poursuivre leur mission de sensibilisation, de recherche et de préservation de la biodiversité, dans l’attente d’une réhabilitation du site.
Cette affaire met en lumière les défis persistants liés à la protection des espaces naturels en Haïti, entre pressions foncières, pratiques informelles et manque de régulation, tout en soulignant l’urgence d’une action coordonnée pour sauvegarder ce patrimoine écologique d’importance nationale.
Judelor Louis Charles
Vant Bèf Info (VBI)
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