6e journée de protestation : les ouvriers de la SONAPI annoncent un arrêt de travail dès jeudi

Plusieurs dizaines d’ouvriers du parc industriel de la SONAPI sont descendus dans les rues ce mercredi, notamment sur la route de l’Aéroport, pour réclamer une hausse importante du salaire minimum journalier.

Les manifestants exigent que ce montant passe de 760 gourdes à 3 000 gourdes par jour.

Munis de pancartes et scandant des slogans hostiles aux autorités, ils ont dénoncé la dégradation continue de leurs conditions de vie. Selon eux, leurs revenus ne permettent plus de faire face à la flambée du coût de la vie.

« On ne peut pas continuer à travailler huit heures par jour pour 760 gourdes alors que tout augmente », a lancé un ouvrier en colère.

L’inflation au cœur de la colère des travailleurs

Les protestataires dénoncent particulièrement l’écart grandissant entre les salaires et les dépenses quotidiennes.

Ils pointent du doigt :

la hausse des prix des produits de première nécessité ;

l’augmentation du carburant ;

la faiblesse persistante des rémunérations dans le secteur textile.

Selon les grilles salariales actuellement en vigueur, plusieurs secteurs continuent d’appliquer un salaire minimum de 760 gourdes pour huit heures de travail. Cette mesure concerne notamment :

la restauration ;

l’agriculture ;

la pêche ;

l’élevage ;

une partie du commerce de détail.

Pour de nombreux ouvriers, cette rémunération est devenue insuffisante pour couvrir les besoins essentiels d’une famille.

Un mouvement “Bwa Kwaze” annoncé pour jeudi

Face à l’absence de réponse des autorités, les ouvriers veulent durcir le mouvement.

Ils ont annoncé le lancement d’une nouvelle phase de mobilisation baptisée « Bwa Kwaze », prévue pour le jeudi 23 avril 2026. Cette initiative doit se traduire par un arrêt de travail généralisé dans le parc industriel.

L’objectif est clair : pousser l’État et les employeurs à ouvrir rapidement des négociations sur la question salariale.

Pour l’instant, aucune réaction officielle n’a été enregistrée du côté des autorités ni des responsables du secteur industriel.

Cette nouvelle mobilisation pourrait toutefois accentuer les tensions sociales dans un pays déjà fragilisé par une crise économique et sécuritaire persistante.

Judelor Louis Charles
Vant Bèf Info (VBI)


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