Démission du maire de Dessalines : un nouvel aveu face à l’emprise des gangs dans Artibonite

Le maire de Marchand-Dessalines, Dunord Siléus, a annoncé sa démission dans une déclaration sévère. Il dénonce l’inaction de l’État face à la détérioration de la situation sécuritaire dans la commune. Son départ met en lumière l’abandon grandissant de plusieurs territoires face à la violence des groupes armés en Haïti.

Depuis plusieurs mois, la commune de Marchand-Dessalines vit sous la menace constante de groupes armés. Parmi eux, les gangs de Savien et Kokorat San Ras étendent progressivement leur influence dans la région.

Ainsi, les autorités municipales se retrouvent sans véritable soutien. Elles ne disposent ni des moyens nécessaires pour protéger les habitants, ni des ressources suffisantes pour maintenir les services publics essentiels.

Dans sa note de démission, Dunord Siléus affirme avoir lancé plusieurs appels au pouvoir central. Pourtant, selon lui, aucune réponse concrète n’a été apportée.

Il évoque même un « silence complice » des autorités nationales. Selon l’ancien édile, rester en poste dans un tel contexte reviendrait désormais à cautionner une situation devenue incontrôlable.

Un signal fort sur l’effondrement de l’État local

Sur le terrain, les conséquences de cette crise sont déjà visibles. La peur s’installe durablement dans la commune. Les activités économiques tournent au ralenti. De plus, les institutions locales perdent progressivement leur capacité d’action.

Face à des groupes armés mieux organisés et lourdement équipés, la mairie ne représentait plus qu’une autorité symbolique.

Cette démission dépasse donc le simple cadre administratif. Elle révèle surtout l’incapacité persistante de l’État haïtien à garantir la sécurité dans plusieurs zones sensibles, notamment dans le département de l’Artibonite.

Malgré les promesses officielles, de nombreuses collectivités territoriales continuent de faire face seules à une crise qui les dépasse.

Une alerte sur la situation sécuritaire en Haïti

Le départ de Dunord Siléus apparaît comme un signal d’alarme. En laissant certaines communes sous l’emprise de groupes criminels, le pouvoir central fragilise davantage l’autorité de l’État.

Par conséquent, cette démission illustre une réalité inquiétante : dans plusieurs régions du pays, l’État semble perdre progressivement le contrôle, tandis que les populations locales restent exposées à une insécurité de plus en plus profonde.

Moïse François
Vant Bèf Info (VBI)


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