Sécurité : “repousser” et “récupérer”, les deux verbes d’une police sous pression

Les derniers communiqués de la Police nationale d’Haïti (PNH) ne laissent guère place au doute : face aux assauts répétés des groupes armés, les forces de l’ordre “repoussent”, mais peinent encore à “maîtriser”. Après les lourdes pertes humaines causées par les bandits de Savien, le constat est amer. Pour les habitants de l’Artibonite, le calvaire se prolonge.

Port au Prince, le 12 avril 2026-

À Port-au-Prince, sur l’avenue Christophe, les images diffusées récemment glacent le sang. Des unités spécialisées, accompagnées du directeur général de la PNH, Vladimir Paraison, patrouillent dans des rues dévastées. En toile de fond : des maisons criblées de balles, détruites, vandalisées. Un décor de guerre qui témoigne de la violence des affrontements.
Pourtant, lorsque les gangs s’acharnaient sur ce quartier autrefois vibrant d’activités scolaires et universitaires, la présence policière faisait défaut.

L’avenue Christophe, jadis fréquentée par des générations d’élèves et d’universitaires, porte aujourd’hui les stigmates d’une histoire brisée. Un patrimoine intellectuel et social englouti par la barbarie. Les pertes, humaines comme matérielles, sont considérables.

Reprise de territoire : stratégie ou opportunité ?

À Carrefour-Feuilles, un silence soudain des armes intrigue. Profitant de ce répit, la police annonce avoir repris le bâtiment qui abritait autrefois la Faculté des sciences humaines. Une opération qui soulève des interrogations : s’agit-il d’une avancée tactique ou d’un retrait stratégique des groupes armés ? Y a-t-il eu affrontement, résistance, négociation ?
“À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.” La maxime résonne face à une reconquête dont les contours restent flous.

Depuis la montée en puissance des gangs, aucun chef de file majeur n’a été arrêté ni neutralisé. Le directeur général de la PNH a lui-même reconnu les limites de l’institution : des groupes armés opérant simultanément sur plusieurs fronts, face à une police aux capacités insuffisantes. Une réalité qui laisse présager une crise durable.

À l’approche d’échéances électorales incertaines, la PNH affirme pourtant être prête à jouer son rôle. En attendant, elle continue d’annoncer des avancées limitées : repousser les bandits, récupérer des bâtiments souvent déjà désertés.
Une stratégie défensive qui peine encore à inverser le rapport de force.

Uguenson Auguste
Vant Bèf Info (VBI)


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