Le rétablissement de la sécurité ne peut pas être un slogan, prévient le RSD
Face à la dégradation continue de la situation sécuritaire, sociale et politique en Haïti, le Rassemblement des Sociaux-Démocrates (RSD) tire la sonnette d’alarme et appelle à une mobilisation nationale pour faire face à ce qu’il qualifie de « tragédie nationale ».

En conférence de presse ce jeudi 9 avril 2026, le secrétaire général du parti, Me Jocelin Dorvilus, affirme que les promesses du rétablissement de la sécurité ne peuvent pas être un slogan. Il faut que les autorités l’inscrivent réellement dans leur agenda, dit Me Dorvilus.

Il invite le gouvernement, qui prétend faire de la sécurité une priorité, à passer de la parole aux actes, sinon, prévient-il, il sera impossible d’organiser les prochaines élections en vue de mettre un terme à une transition qui a déjà duré près de 5 ans.
Evoquant le massacre survenu récemment dans la localité de Jean Denis, entre Marchand-Dessalines et Petite-Rivière de l’Artibonite et le contrôle exercé par les gangs sur plusieurs localités, il souligne qu’aucun candidat ne pourra faire campagne.
Le RSD note que depuis plusieurs années, des groupes criminels imposent leur loi dans plusieurs régions du pays, notamment dans le Bas-Artibonite. Des zones comme La Chapelle, Verrettes ou encore Pont-Sondé seraient régulièrement ciblées par ces groupes, sans réponse efficace des autorités. Le parti dénonce soit une complicité au sommet de l’État, soit une incapacité manifeste des institutions à faire face à la crise.
Le parti appelle ainsi à un « réveil de la conscience nationale », estimant que la lutte contre l’insécurité doit devenir la priorité absolue. Il plaide pour une stratégie commune de toutes les forces démocratiques afin de répondre efficacement à la crise. Aussi, le SRD dit s’opposer à l’organisation d’élections dans un climat dominé par la violence.
La présidente adjointe du parti Javeline St Albord abonde dans le même sens. « Les élections restent indispensables pour sortir durablement de la crise de transition que traverse le pays depuis plusieurs années. Elle insiste néanmoins sur une condition essentielle : la sécurité.
Elle estime que la tenue d’élections libres et démocratiques passe nécessairement par le rétablissement de la sécurité, qui est un droit fondamental ». Le RSD est inscrit au Conseil Électoral Provisoire (CEP), tout en continuant d’exiger des actions concrètes des autorités, notamment du Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN), pour lutter contre l’insécurité, dit-elle.
Elle avertit que toute inaction face à l’insécurité sera perçue comme un refus d’organiser des élections crédibles. Dans ce cas, le peuple haïtien pourrait être amené à se mobiliser contre ceux qu’il considère comme des ennemis de la démocratie.
Voilà pourquoi, elle appelle à l’unité et à la vigilance, invitant les citoyens à participer activement au processus démocratique, tout en exigeant des conditions respectueuses des droits fondamentaux.
Dodeley Orélus
Vant Bèf Info (VBI)
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