Crise au BMPAD : le DG Thimoléon annonce une restructuration de dernière chance pour sauver l’institution avec une vague de révocation d’employés et de contractuels

Le Bureau de Monétisation des Programmes d’Aide au Développement (BMPAD) traverse l’une des périodes les plus critiques de son existence. Dans un entretien accordé à la rédaction de Vant Bèf Info ce mercredi 8 avril 2027, son Directeur général, Jacques Stevenson Thimoléon , a dressé un tableau sans détour d’une institution au bord de l’asphyxie financière, engagée dans une restructuration qu’il qualifie lui-même de « dernière chance ».

Face à une situation budgétaire jugée insoutenable, le responsable affirme avoir été contraint de prendre des décisions drastiques pour éviter une fermeture pure et simple de l’organisme.

Parmi les mesures phares figure le licenciement de 65 employés, ainsi que 35 contractuels, une décision difficile mais présentée comme incontournable.

Selon lui, cette réduction d’effectifs répond directement aux exigences du ministère de l’Économie et des Finances, qui conditionne tout appui financier à une réforme en profondeur de la structure administrative.
Le DG explique que le BMPAD ne dispose aujourd’hui que de ressources extrêmement limitées pour fonctionner.

L’institution dépend notamment d’une redevance de seulement 2 centimes par gallon de gaz vendu, une entrée jugée largement insuffisante pour couvrir ses charges. « L’autonomie financière est pratiquement inexistante », laisse-t-il entendre, soulignant que les subventions publiques ne suffisent plus à combler le déficit. Cette politique d’assainissement intervient dans un contexte de fortes pressions politiques.

Toujours dans cet entretien, Thimoléon révèle être régulièrement sollicité par des figures influentes , parlementaires et acteurs politiques , en faveur des employés remerciés. Une pression qu’il dit ne pas pouvoir satisfaire sans compromettre l’avenir de l’institution. En substance, il prévient : céder reviendrait à perdre le soutien du ministère et précipiter la chute du BMPAD.

L’évaluation interne des ressources humaines met en lumière des déséquilibres majeurs. Certains services, à l’image de la communication, affichaient des effectifs jugés excessifs, avec près de 48 employés. Le Directeur général estime que le BMPAD pourrait fonctionner efficacement avec un effectif compris entre 80 et 100 personnes, bien loin des centaines recensées auparavant.

Au-delà des défis internes, la crédibilité de l’institution auprès de ses partenaires internationaux est également en jeu. Le Japon, principal bailleur à travers les fonds de monétisation, suit de près l’évolution du dossier.

D’après le DG, les autorités japonaises se montrent particulièrement vigilantes quant à la gestion des fonds, notamment en raison de contentieux passés restés sans suite judiciaire.

Pour l’ex parlementaire, ces démarches administratives à la tête de l’institution vise à démontrer que le BMPAD rompt avec les pratiques du passé et s’engage résolument sur la voie de la transparence et de la rigueur.

Déjà menacée de fermeture en 2018, l’institution joue aujourd’hui sa survie. À travers cet entretien, le Directeur général se veut clair : l’heure n’est plus aux arrangements politiques, mais à des choix difficiles pour éviter la disparition pure et simple du BMPAD.

Moïse François
Vant Bèf Info (VBI)


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