Pendant que les gangs avancent, Vladimir Paraison se dit satisfait
Huit mois après sa nomination à la tête de la Police nationale d’Haïti (PNH), Vladimir Paraison continue d’afficher sa satisfaction. Une posture qui tranche brutalement avec la réalité d’un pays où l’insécurité s’enracine, s’étend et s’intensifie sans réponse visible de l’État.

Port-au-Prince, 8 avril 2026. — Sur le terrain, les faits contredisent frontalement le discours officiel. Dans le département de l’Artibonite, plus de 70 personnes ont été tuées en l’espace d’une semaine, selon plusieurs sources locales concordantes. Les groupes armés y imposent leur loi, contrôlant axes routiers, localités et activités économiques. Cette situation illustre non seulement une incapacité opérationnelle persistante, mais aussi une perte de contrôle territoriale préoccupante.
Les routes nationales, essentielles à la circulation des biens et des personnes, restent en grande partie sous emprise criminelle. Les transporteurs doivent négocier ou payer pour traverser certaines zones, tandis que des familles entières abandonnent leurs habitations pour fuir les violences. Ce phénomène de déplacements forcés, désormais récurrent, témoigne d’un effondrement progressif de l’autorité publique dans plusieurs régions du pays.
Face à ce tableau, le discours rassurant des autorités policières apparaît de plus en plus déconnecté. Revendiquer un bilan “satisfaisant” dans un contexte marqué par la multiplication des massacres, des enlèvements et des zones de non-droit relève moins de l’optimisme que du déni. Cette dissonance fragilise davantage la crédibilité de l’institution policière déjà mise à rude épreuve.
Huit mois après l’arrivée de Vladimir Paraison, aucun indicateur tangible ne permet de constater une amélioration durable de la sécurité. Au contraire, les violences s’intensifient et s’étendent géographiquement. L’absence de résultats mesurables interroge la stratégie adoptée, tout comme la capacité du commandement à faire face à une crise devenue structurelle.
Dès lors, une question s’impose : sur quels éléments concrets repose ce bilan jugé satisfaisant par la direction générale de la PNH ? En l’absence de transparence, de données vérifiables et d’actions visibles sur le terrain, cette communication ressemble davantage à une tentative de contrôle du narratif qu’à un reflet fidèle de la situation.
À mesure que le fossé se creuse entre discours officiel et vécu quotidien, la confiance de la population s’érode. Et avec elle, l’espoir d’un rétablissement rapide de la sécurité nationale.
Emmanuel Joseph
Vant Bèf Info (VBI)
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