Haïti : une force multinationale prend position face à l’urgence sécuritaire

La Force de repression des gangs (FRG) entre dans une phase opérationnelle avec l’arrivée, ce mercredi, de son représentant spécial, Jack Christofides, chargé de diriger les opérations sur le terrain. Déployée à la demande des autorités haïtiennes, cette force internationale a été autorisée par le Conseil de sécurité des Nations unies à travers de la résolution 2793 (2025).

Port-au-Prince, le 1er avril 2026. Dans la foulée, une unité avancée des forces tchadiennes a également atterri dans la capitale haïtienne, marquant le début concret du déploiement des troupes du GSF.

Il s’agit des premiers éléments étrangers à être positionnés dans le cadre de cette coalition élargie destinée à appuyer les efforts locaux de lutte contre l’insécurité.

Dotée d’un mandat centré sur le rétablissement de l’ordre, la mission devra mener des opérations ciblées fondées sur le renseignement contre les groupes armés, sécuriser les infrastructures critiques et les grands axes routiers. Elle doit aussi garantir la protection des civils, dans le respect des droits humains et des principes de l’État de droit.

Le GSF travaillera en étroite coordination avec les institutions nationales, notamment la Police nationale d’Haïti (PNH) et les Forces armées d’Haïti (FAD’H), ainsi qu’avec plusieurs partenaires internationaux, dont le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), l’équipe pays de l’ONU, l’UNSOH et l’Organisation des États américains (OEA).

Selon les autorités, environ 5 500 militaires issus d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et des Caraïbes seront progressivement déployés entre avril et octobre 2026.

Ce déploiement intervient dans un climat de crise sécuritaire persistante, marqué par l’emprise croissante des groupes armés sur plusieurs zones du pays.

Les autorités haïtiennes espèrent que cette mobilisation internationale contribuera à rétablir un minimum de sécurité et à relancer les activités économiques dans les zones les plus touchées.

Cependant, cette nouvelle phase s’ouvre dans un climat de défiance, au regard de l’échec des premières forces kényanes.

Malgré leur déploiement, celles-ci n’ont ni repris le contrôle des zones sous l’emprise des gangs ni freiné l’escalade de la violence, laissant au contraire s’installer une insécurité toujours plus enracinée.

Ce revers met en lumière les limites d’un dispositif international mal adapté, sous-équipé et dépourvu d’une stratégie efficace, faisant craindre la répétition des mêmes erreurs avec l’arrivée des nouveaux contingents.

Nerline Felix

Vant Bèf Info (VBI)


Discover more from Vant Bèf Info (VBI)

Subscribe to get the latest posts sent to your email.