Haïti : le RSLE condamne les violences contre les journalistes et exige des enquêtes rapides

Le Bureau du Rapporteur Spécial pour la Liberté d’Expression (RSLE) de la CIDH condamne fermement la recrudescence des violences contre la presse en Haïti. Il s’inquiète particulièrement de l’enlèvement des journalistes Junior Célestin et Osnel Espérance le 13 mars 2026. La veille, Marvel Dandin, directeur de Radio Télé Kiskeya, a subi une attaque armée ciblée.

Washington, DC, le 27 mars 2026.- Dans un communiqué publié le 26 mars 2026, le RSLE appelle les autorités haïtiennes à agir rapidement. Elles doivent protéger les journalistes, enquêter sur les incidents et traduire les responsables en justice. Ces mesures sont essentielles pour prévenir l’impunité et renforcer la sécurité des professionnels des médias.

Selon les informations disponibles, Célestin et Espérance ont été enlevés dans le centre-ville de Port-au-Prince par une coalition de groupes criminels. Depuis leur disparition, leurs familles exigent des nouvelles et leur libération immédiate. Ces actes illustrent l’intensification de l’insécurité pour les journalistes dans la capitale.

Concernant l’attaque contre M. Dandin, environ sept hommes armés ont tenté de pénétrer à son domicile à Pétion-Ville. Ils ont tiré sur la résidence, dans ce qui apparaît comme un acte d’intimidation délibéré. Ces faits mettent en lumière la vulnérabilité des journalistes face aux menaces armées.

Le RSLE souligne que ces événements s’inscrivent dans un contexte de crise sécuritaire prolongée. Entre 2018 et 2025, le Bureau a recensé 17 enlèvements, 2 disparitions forcées, 13 attaques armées et 6 attaques contre des médias. Ces incidents ont mis en danger plus de 41 journalistes haïtiens et aggravé un climat de peur.

Ces pratiques renforcent la censure et facilitent d’autres crimes, comme le trafic d’armes et l’extorsion. L’absence d’enquêtes efficaces et l’impunité élevée favorisent la répétition de ces actes. Par conséquent, la presse haïtienne reste exposée à de graves risques professionnels.

Conformément au principe 9 de la Déclaration de principes sur la liberté d’expression de la CIDH, l’enlèvement, les menaces et l’intimidation contre les journalistes constituent de graves violations des droits humains. Ces crimes restreignent également l’accès du public à l’information.

Le RSLE exhorte les autorités à retrouver les journalistes enlevés et à prévenir de nouveaux incidents. Le Bureau exprime sa solidarité avec les familles et la communauté journalistique. Il réaffirme aussi son soutien à l’État pour garantir un environnement sûr et propice à l’exercice de la liberté d’expression.

Le Bureau du Rapporteur Spécial pour la Liberté d’Expression est un mécanisme de la CIDH. Il promeut et protège le droit à la liberté de pensée et d’expression, fondamental pour le développement démocratique dans la région.

Mederson Alcindor
Vant Bèf Info (VBI)


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