Amérique latine : les pays resserrent leur politique énergétique face à la flambée du pétrole
Les pays d’Amérique latine ajustent en urgence leurs politiques énergétiques et budgétaires face à la hausse brutale des prix du pétrole, provoquée par les tensions au Moyen-Orient. Cette situation, qui exerce une pression accrue sur les économies de la région, pousse plusieurs gouvernements à revoir leurs mécanismes de subvention et à adopter des mesures d’austérité ciblées.

Saint Domingue, 24 mars 2026-
En République dominicaine, le président Luis Abinader a annoncé, le 22 mars, une série de mesures qualifiées de « responsables » visant à contenir l’impact de la crise sur les finances publiques. Parmi elles, un ajustement des prix des carburants, accompagné d’un appel au télétravail pour réduire la consommation énergétique. Le gouvernement prévoit également une subvention d’un milliard de pesos en faveur des engrais, tout en réallouant dix milliards de pesos pour renforcer les programmes sociaux, afin d’atténuer les effets de l’inflation sur les populations les plus vulnérables.
Au Chili, le président José Antonio Kast a indiqué, dans une interview accordée au quotidien La Tercera, que des ajustements du mécanisme de stabilisation des prix des carburants étaient inévitables. « La situation ne peut perdurer si le prix du pétrole double », a-t-il averti, évoquant une crise financière en aggravation qui nécessite une intervention rapide de l’exécutif.
En Colombie, le président Gustavo Petro a opté pour une réorientation stratégique majeure. Il a annoncé la fin progressive des subventions aux carburants, avec un alignement des prix sur les marchés internationaux. Dans le même temps, les ressources issues de la compagnie pétrolière nationale Ecopetrol seront désormais utilisées pour soutenir le secteur agricole, notamment à travers des subventions pour les engrais produits localement. Les aides au diesel seront, quant à elles, ciblées exclusivement sur le transport de marchandises.
Ces décisions traduisent une évolution structurelle des politiques publiques dans la région, marquée par un recul des subventions généralisées aux carburants. Elles interviennent dans un contexte de fortes tensions sur les marchés énergétiques mondiaux, liées notamment aux perturbations du trafic dans le détroit d’Ormuz, un passage stratégique par lequel transite une part significative du pétrole mondial.
Depuis le début du conflit, le 28 février, les cours du pétrole ont connu une hausse spectaculaire, avec une progression d’environ 55 % du Brent. Cette flambée alimente les craintes d’une instabilité économique accrue en Amérique latine, où de nombreux pays restent dépendants des importations énergétiques.
Face à cette conjoncture, les gouvernements de la région semblent amorcer un tournant décisif, privilégiant des politiques de rationalisation budgétaire et de réallocation des ressources, dans l’objectif de préserver leur équilibre financier tout en limitant l’impact social de la crise.
Nerline Felix
Vant Bèf Info (VBI)
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