Martissant : au moins cinq civils blessés après une frappe de drone kamikaze lors d’une opération anti-gang

Depuis le début de la semaine, la Police nationale mène une vaste opération anti-gang dans plusieurs quartiers du centre-ville de Port-au-Prince. Ces interventions, qui visent à reprendre le contrôle de zones dominées par des groupes armés, bénéficient notamment de l’appui de la Task Force. Cette unité spéciale utilise, entre autres, des drones kamikazes pour cibler les membres des bandes armées. Toutefois, si cette stratégie se révèle parfois efficace contre les gangs, elle n’est pas sans conséquences pour la population civile.

Port au Prince, le 12 mars 2026-

En effet, au moins cinq civils ont été blessés dans la zone de Martissant 2B, le mercredi 11 mars 2026, lorsqu’un drone kamikaze n’a pas atteint sa cible.

Une frappe encore ratée

Selon des informations recueillies auprès d’acteurs communautaires, l’appareil visait des individus circulant à moto dans le secteur. Cependant, pour une raison encore inconnue, le drone kamikaze aurait raté sa cible avant d’exploser à proximité de civils.
Par conséquent, plusieurs personnes présentes dans la zone ont été touchées par des fragments de l’appareil. Un dirigeant de l’organisation communautaire Komite Pwoteksyon Timoun Site Letènèl (KPTSL) affirme que cinq membres de la population civile ont été blessés lors de l’incident.

Cette situation illustre les risques importants liés à l’utilisation de ce type d’équipement dans des zones densément peuplées. Bien que les drones kamikazes soient conçus pour cibler précisément des individus armés, leur déploiement dans un environnement urbain peut provoquer des dommages collatéraux.

Des images choquantes circulent sur les réseaux
Peu après l’incident, des extraits de vidéos montrant la scène ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux. Ces images témoignent de la violence de l’explosion et de ses conséquences pour les victimes.
Sur l’une des séquences, plusieurs civils apparaissent ensanglantés, tandis que des habitants tentent de leur porter secours dans la panique. Parmi les victimes figure notamment une écolière en uniforme scolaire. Selon les témoignages recueillis, la jeune fille aurait eu la main gauche presque sectionnée par l’effet de la déflagration.

De plus, un garçonnet de 4 ans a également été blessé lors de l’explosion. Dans la vidéo, l’enfant, visiblement en état de choc, crie de douleur pendant que des adultes tentent de l’évacuer vers un centre de soins.
Ces images ont provoqué une vive émotion au sein de la population locale, déjà éprouvée par l’insécurité persistante dans plusieurs quartiers de la capitale.

Des opérations qui se poursuivent dans la capitale

Malgré cet incident, les opérations policières se poursuivent ce jeudi dans plusieurs zones stratégiques du centre-ville de Port-au-Prince. Selon des informations disponibles, les forces de l’ordre continuent de mener des interventions contre les groupes armés qui tentent d’étendre leur contrôle sur la capitale.
Ainsi, des affrontements ont été signalés dans certains secteurs où les policiers auraient réussi à repousser des membres de la coalition de gangs « Viv Ansanm ». Les combats se seraient notamment concentrés aux rues Joseph Janvier et Chareron.

Ces opérations s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à freiner l’avancée des groupes armés et à sécuriser les principales artères de la capitale, selon des autorités policières

Une population prise entre deux feux

Toutefois, ces interventions soulèvent également des inquiétudes parmi les habitants des quartiers concernés. Plusieurs organisations communautaires estiment que l’utilisation de drones kamikazes dans des zones habitées représente un risque important pour les civils.

Dans des secteurs déjà fragilisés par la violence des gangs, la population se retrouve souvent prise entre deux feux : d’un côté les groupes armés qui imposent leur loi, et de l’autre les opérations sécuritaires visant à les neutraliser.

Dans ce contexte, de nombreux résidents appellent à des mesures de protection plus strictes afin de limiter les dommages collatéraux lors des opérations policières.
Un défi sécuritaire majeur pour les autorités.

La situation à Port-au-Prince demeure particulièrement préoccupante. Depuis plusieurs mois, les gangs armés continuent d’étendre leur influence dans plusieurs quartiers stratégiques de la capitale.
Face à cette réalité, les autorités tentent de renforcer leurs capacités opérationnelles en utilisant de nouvelles technologies et en multipliant les interventions ciblées. Cependant, l’incident survenu à Martissant rappelle que la lutte contre les gangs reste complexe et comporte des risques importants pour la population.

Alors que les opérations se poursuivent, de nombreux observateurs estiment que la protection des civils doit demeurer une priorité absolue dans toute stratégie visant à rétablir la sécurité dans la capitale haïtienne.

Vant Bèf Info (VBI)


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