92 % des sachets d’eau non conformes : le ministère du Commerce renforce la régulation du secteur

Le Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) a rappelé aux entreprises de production et de distribution d’eau de boisson l’obligation de respecter les normes sanitaires et réglementaires en vigueur, à travers une circulaire publiée le 2 mars. Cette mesure s’inscrit dans le cadre du décret du 11 mars 2020 encadrant la production et le commerce des denrées alimentaires en Haïti.

Port-au-Prince, 10 mars 2026.- Selon ce document signé par le ministre James Monazard, toutes les entreprises opérant dans ce secteur, y compris les kiosques de revente, disposent d’un délai de 22 jours à compter de la publication de la circulaire pour se conformer aux exigences prévues par la loi.

Parmi les principales obligations, le ministère exige que chaque entreprise soit enregistrée au MCI et détienne une Carte d’Identification Professionnelle (CIP) valide. La production, le stockage et le transport de l’eau doivent également respecter les Bonnes Pratiques d’Hygiène (BPH). Les camions transportant l’eau conditionnée doivent être entièrement fermés afin de protéger les produits contre le rayonnement solaire.

Le ministère précise que les contenants, notamment les sachets d’eau, doivent être fabriqués à partir de matériaux inertes et non toxiques, homologués pour le contact alimentaire. L’étiquetage doit aussi être conforme aux dispositions légales afin de garantir la transparence et la protection du consommateur.

La circulaire rappelle par ailleurs que toute présence de germes pathogènes, tels que E. coli, les coliformes totaux et fécaux ou les streptocoques fécaux, est strictement interdite. Les entreprises sont tenues de réaliser des analyses bactériologiques régulières auprès de laboratoires agréés et de présenter des certificats valables pendant un mois lors des inspections sanitaires.

Le document insiste également sur la désinfection rigoureuse des camions-citernes, ainsi que des réservoirs et tuyauteries des clients avant approvisionnement. Les kiosques doivent en outre mettre en place un système de traçabilité des produits, en conservant les preuves de transactions, notamment reçus et factures.

Les autorités encouragent par ailleurs les entreprises à installer des dispositifs supplémentaires de traitement de l’eau, tels que filtres, lampes ultraviolettes ou ozoniseurs, afin de réduire les risques de contamination bactérienne. Le personnel chargé du traitement de l’eau doit également être techniquement qualifié et capable de détecter d’éventuelles anomalies.

Le ministre James Monazard souligne que ces mesures visent à protéger la santé publique et à renforcer la confiance des consommateurs dans les produits disponibles sur le marché. Selon lui, le respect de ces normes constitue un gage de sérieux pour les entreprises et contribue à moderniser le secteur de la distribution d’eau dans le pays.

À titre de rappel, une étude réalisée par le Ministère du Commerce et de l’Industrie en collaboration avec la Direction du Contrôle de la Qualité et de la Protection du Consommateur (DCQPC) révèle qu’entre août 2025 et janvier 2026, plus de 92 % des sachets d’eau analysés ne respectaient pas les normes en vigueur, notamment en matière d’enregistrement et d’étiquetage. Selon les autorités, ces manquements compromettent le droit à l’information des consommateurs et exposent la population à des risques sanitaires importants.

Mederson Alcindor
Vant Bèf Info (VBI)


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