Haïti : plus de 1 200 morts dans des opérations de drones, selon Human Rights Watch

L’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch affirme que les opérations de drones menées par les forces de sécurité haïtiennes et des contractants privés auraient causé 1 243 morts et 738 blessés entre le 1er mars 2025 et le 21 janvier 2026.

Port-au-Prince, 10 mars 2026.- Dans un rapport publié le 10 mars, l’organisation indique que 17 enfants et 43 adultes non affiliés à des groupes criminels figurent parmi les personnes tuées. Elle précise également qu’au moins 49 des blessés sont des civils n’ayant aucun lien avec des activités criminelles.

Selon Human Rights Watch, ces données proviennent de multiples sources, appuyées par l’analyse de sept vidéos géolocalisées. Les frappes auraient été enregistrées dans neuf communes du département de l’Ouest, notamment à Port-au-Prince, Delmas, Cité Soleil, Croix-des-Bouquets et Pétion-Ville. L’organisation indique que la moyenne des victimes par opération s’élèverait à 8,8 personnes, la frappe la plus meurtrière ayant fait 57 morts.

Le rapport souligne que des drones quadricoptères équipés d’explosifs auraient été utilisés lors de ces opérations. Selon l’organisation, certaines frappes auraient été menées sans qu’une menace manifeste ne soit observée, ce qui pourrait s’apparenter à des exécutions extrajudiciaires au regard du droit international des droits humains.

Toujours d’après le rapport, ces opérations auraient été réalisées dans le cadre d’une task force mise en place par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, avec l’appui de la société militaire privée Vectus Global, opérant sous licence américaine.

L’organisation appelle les autorités de Haïti à encadrer l’utilisation des drones, à ouvrir des enquêtes indépendantes sur les allégations de tueries illégales et à offrir des réparations aux familles des victimes.

Le rapport cite notamment une attaque survenue le 20 septembre 2025 à Simon Pelé, où un drone aurait explosé près d’un complexe sportif fréquenté par des enfants. L’explosion aurait fait 10 morts, dont 9 enfants âgés de 3 à 12 ans, selon l’organisation.

En conclusion, Human Rights Watch appelle à davantage de transparence sur la chaîne de commandement de ces opérations et sur le rôle des contractants privés, ainsi qu’à la mise en place de garanties pour prévenir toute utilisation abusive de ces technologies à l’avenir.

Belly-Dave Bélizaire
Vant Bèf Info (VBI)


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