Journée internationale des droits des femmes : le gouvernement rend hommage aux Haïtiennes dans un contexte sécuritaire préoccupant
À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le gouvernement a rendu hommage aux femmes et aux filles du pays dans un message officiel publié ce dimanche 8 mars. Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé y salue le courage et la résilience des Haïtiennes, qu’il présente comme des piliers essentiels de la société, tant sur le territoire national que dans la diaspora.

Port-au-Prince, 8 mars 2026.-Dans ce communiqué, le chef du gouvernement souligne que malgré les nombreuses crises auxquelles le pays est confronté, les femmes haïtiennes continuent de faire preuve d’une grande capacité de résistance. Il les décrit notamment comme des « gardiennes des foyers, piliers de l’économie et forces vives de la résilience nationale », confrontées quotidiennement à des réalités marquées par l’insécurité, l’injustice et la violence.
Les autorités ont également rappelé le thème retenu cette année : « Fanm ak Tifi dwe jwi dwa yo epi jwenn jistis san fòs kote ». Selon le gouvernement, la protection des femmes et des filles constitue une priorité nationale.
Plusieurs engagements ont été annoncés, dont le renforcement des actions de la Police Nationale d’Haïti (PNH) dans la lutte contre les violences faites aux femmes, l’accélération du traitement judiciaire des dossiers liés aux violences sexuelles et le renforcement de l’assistance juridique aux victimes. L’exécutif promet également de poursuivre ses efforts en matière d’autonomisation économique des femmes et de maintien des filles à l’école.
Dans son message, le Premier ministre a tenu à adresser un signal aux femmes du pays, affirmant que « leur dignité n’est pas négociable » et que leurs droits doivent être garantis et protégés par l’État.
Ces déclarations interviennent toutefois dans un contexte national particulièrement difficile. Depuis plusieurs années, Haïti est confronté à une grave crise sécuritaire marquée par la montée en puissance des groupes armés, les enlèvements et les violences généralisées, notamment dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Dans cette situation, les femmes et les filles figurent parmi les principales victimes, en particulier des violences sexuelles et des déplacements forcés.
Malgré les promesses d’actions, le gouvernement peine encore à rétablir la sécurité. Les autorités ont récemment mobilisé d’importantes ressources financières, dont près de 50 millions de dollars versés à une entreprise de sécurité privée pour soutenir la lutte contre l’insécurité. Toutefois, les résultats attendus tardent à se matérialiser, ce qui alimente les critiques d’une partie de l’opinion publique.
Dans ce contexte, plusieurs observateurs s’interrogent également sur l’organisation des prochaines élections, un processus déjà retardé à plusieurs reprises en raison de l’instabilité politique et de la dégradation de la sécurité. La question de la participation des femmes à la vie politique demeure ainsi un enjeu majeur, alors que les conditions actuelles rendent difficile la tenue d’un scrutin libre et inclusif.
La Journée internationale des droits des femmes constitue ainsi à la fois un moment de reconnaissance et un rappel des défis qui restent à relever pour garantir aux femmes haïtiennes sécurité, justice et pleine participation à la vie démocratique du pays.
Moïse François
Vant Bèf Info (VBI)
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